de Robert Guédiguian

avec Ariane Ascaride , Jean-Pierre Darroussin , Gérard Meylan, Marilyne Canto, Grégoire Leprince-Ringuet, Anaïs Demoustier et Robinson Stévenin.

Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans… Leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent… Ils ont des amis très proches…Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques…Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards.Ce bonheur va voler en éclats avec leur porte-fenêtre devant deux hommes armés et masqués qui les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit.Leur désarroi sera d’autant plus violent lorsqu’ils apprendront que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés en même temps que Michel, par l’un des leurs…Michel et Marie-Claire vont peu à peu s’apercevoir que leur agresseur, Christophe, n’a agi que par nécessité. En effet, il vit seul avec ses deux petits frères et s’en occupe admirablement, veille à leurs études comme à leur santé…

Le film a reçu le prix Lux du meilleur film européen

La genèse

C'est un poème de Victor Hugo qui est le point de départ du film de Robert Guédiguian: "En 2005, en rédigeant un texte où j’appelais à voter contre la Constitution européenne, j’avais, pour désigner de manière un peu générale «les nouvelles formes de la classe ouvrière», fait référence aux Pauvres Gens du poème de Victor Hugo. C’est à cette occasion que je l’ai relu. La fin du poème, c’est-à-dire l’adoption des enfants de la voisine décédée par le pauvre pêcheur, qui dit « nous avions cinq enfants, cela va faire sept» et qui découvre que sa femme l’a devancé en les ramenant chez eux, est absolument bouleversante. Un tel élan de bonté, un tel excès de coeur, c’est exemplaire. Et, en plus, il y a cette concordance, ce geste amoureux des deux personnages, l’homme et la femme, qui sont à égalité dans la générosité. J’ai immédiatement pensé que ça ferait une magnifique fin de film. Il ne restait plus qu’à trouver un chemin contemporain pour arriver à cette fin là. "

Les neiges du Kilimandjaro
Les neiges du Kilimandjaro © radio-france

Les personnages

Marie-Claire et Michel sont parents et même grands-parents: "Cela me pendait au nez de travailler sur deux générations et plus seulement sur une seule. À l’écriture, avec Jean-Louis Milesi, on a décidé que les deux couples centraux, d’un certain âge, seraient encerclés par des personnages très jeunes. Je voulais que l’opposition entre la génération représentée par Marie-Claire et Michel et la génération qui suit, ne se traduise pas uniquement à travers le personnage qui les agresse. C’est pourquoi ils sont aussi en opposition avec leurs propres enfants, qui ne comprennent pas les choix de leurs parents. Florence et Gilles sont dans le repli amicalo-familial, ce qui, pour moi, constitue une régression, ils ne veulent pas mettre en danger leur petit confort. Je ne leur jette pas la pierre, eux-mêmes ont été chahutés, Gilles a perdu son travail à la réparation navale, même s’il en a retrouvé depuis, et le mari de Florence est obligé de travailler à Bordeaux, et il est toujours en déplacement, ce qui complique leur quotidien. Disons qu’ils ont perdu leur «faculté d’indignation». Je comprends qu’on ait peur de sortir du chaud… parce qu’on n’a pas envie d’avoir froid, c’est légitime. Mais ça devient grave, dans l’histoire que nous racontons, et leurs parents leur donnent une leçon de courage. "

Les neiges du Kilimandjaro
Les neiges du Kilimandjaro © radio-france

Les pauvres gens

C'était le titre initial, mais Robert Guédiguian a finalement choisi les neiges du Kilimandjaro: "Les Pauvres Gens et la référence à Hugo interviennent à la fin, sur un carton qui précède le générique, ce qui a plus de sens et de force qu’au début. Les neiges du Kilimandjaro ça évoque le vaste monde, alors qu’on est à l’Estaque. Et c’est la chanson que chantent les petits-enfants de Marie-Claire et Michel pour leur anniversaire de mariage. L’idée du cadeau collectif d’un voyage en Tanzanie s’est matérialisée par cette chanson. J’ai toujours aimé la variété, ça date les événements, petits et grands, mieux que le carbone 14. Et je tiens à dire que j’ai vu Pascal Danel la chanter sur scène, au Gymnase à Marseille dans les années 1960, en première partie d’Adamo ! Marie-Claire et Michel sont de la génération Pascal Danel… et aussi de la génération Joe Cocker, dont on entend l’interprétation de Many Rivers to cross. "

Présentation du film par Thierry Fiorile dans le journal de 7h du 15 novembre

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