L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan était invité dans "Grand bien vous fasse" pour parler de la nuit et de la Lune... L'occasion pour Guillemette Odicino de se lancer dans une chronique sur "Les Noces Funèbres" de Tim Burton.

La mariée morte imaginée par Tim Burton dans "Les Noces funèbres" (Corpse Bride)
La mariée morte imaginée par Tim Burton dans "Les Noces funèbres" (Corpse Bride) © AFP / Tim Burton Animation, / Laika Entertainment / Collection ChristopheL

J'ai passé tellement de temps dans l'obscurité, j'en avais presque oublié à quel point la lumière de la Lune est belle...

Il n'était pas question de prendre un film de science-fiction où des hommes marchent sur la Lune. Marcher sur la Lune, sur ce beau visage de femme qui vous regarde de face ou avec son piquant profil : mais quelle horreur ! Quand on y pense : nous piétinons suffisamment la Terre comme ça.

Alors il me fallait un film d'amour, au clair de lune.

Un film, aussi, entre la Vie et la Mort. Car chaque mois lunaire, la fille de la Terre disparaît. Pendant trois jours, elle est comme morte, pour réapparaître plus éclatante que jamais. "Elle est funeste" ont conclu les Anciens.

Alors c'était lumineux : il me fallait Tim Burton et ses Noces funèbres qui n'ont que la nuit pour décor.

Un jeune homme est fiancé à une Vivante, mais se retrouve aussi engagé par accident à une Morte, bien jolie d'ailleurs, avec sa peau aux reflets bleutés comme la Lune. Elle appartient au royaume des Morts, elle a passé tant de temps dans le noir... Et puis l'amour la fait remonter à la surface des Vivants et elle peut donc, au moins, contempler la splendeur de la Lune.

À la fin du film, même, elle la rejoindra, dans une des plus belles images d'animation qui soient. 

Ce film merveilleux dans tous les sens du terme, dont le romantisme et l'humour noir s'adresse à tous les âges, obéit à un principe féminin : il est changeant, il est poétique. 

Il est l'objet d'un marionnettiste génial, Tim Burton, qui n'a cessé dans ses films de choisir en fait la Lune comme actrice. Même dans Batman.

On pourrait mettre en exergue de sa filmographie ces strophes d'Alfred de Musset :

"C'était, dans la nuit brune, sur le clocher jauni, la lune, comme un point sur un i. Lune, quel esprit sombre promène au bout d'un fil, dans l'ombre, ta face et ton profil ? [...] Lune, en notre mémoire, de tes belles amours, l'histoire t'embellira toujours".

Aller plus loin

  • Retrouvez les chroniques de Guillemette Odicino sur la vie des films dans l'émission d'Ali Rebeihi, Grand bien vous fasse.
  • Guillemette Odicino est aussi productrice d'émissions passionnantes consacrées au cinéma, l'été sur France Inter. (Ré)écoutez les épisodes de son émission, On s'fait des films.
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