Trois ans après "L’étreinte du serpent" Cristina Gallego et Ciro Guerra reviennent avec "Les oiseaux de passage" qui retrace l’histoire d’un empire de narcotrafiquants à travers les mythes et le système clanique des tribus des Wayuu en Colombie. Sortie prévue le 10 avril.

Les Oiseaux de Passage
Les Oiseaux de Passage © Ciudad Lunar_Blond Indian-Mateo Contreras

Cristina Gallego, productrice, et Ciro Guerra, metteur en scène, co-réalisent pour la première fois un film en commun. 

Résumé du film

Dans les années 1970, en Colombie, une famille d’indigènes Wayuu se retrouve au cœur de la vente florissante de marijuana à la jeunesse américaine.

Quand l’honneur des familles tente de résister à l’avidité des hommes, la guerre des clans devient inévitable et met en péril leurs vies, leur culture et leurs traditions ancestrales.

C’est la naissance des cartels de la drogue.

Les oiseaux de passage
Les oiseaux de passage / Ciudad Lunar_Blond Indian-Mateo Contreras

Ce qu’ils en disent

  • Ciro Guerra :

Comme dans nos films précédents, on a voulu parler des peuples originaires de l’Amérique latine et de leurs histoires souvent ignorées mais en les adaptant aux canons du cinéma de genre. Tout est parti d’une volonté de renouveler le genre, de le réinventer…

Pour moi, c’est un film noir, un film de gangsters. Mais il peut aussi être à la fois un western, une tragédie grecque et un conte de Gabriel García Márquez.

Il y a eu certes de nombreuses histoires sur le narcotrafic, jusqu’au point qu’il a fini par devenir un cliché. Dans l’art colombien, il y a souvent eu une glorification de la violence, une fascination pour le pouvoir et pour les aspects les plus brutaux de cette histoire, sans que personne ne s’intéresse à créer un espace de réflexion. Cette représentation nous posait problème.

C’est le moment propice pour raconter ce type d’histoires. Le processus de paix nous a permis de jeter un coup d’oeil à notre passé. La Colombie est un pays dont l’histoire a été effacée de la mémoire de ses citoyens. La bonanza marimbera est, sans aller plus loin, parfaitement inconnue par les jeunes générations. Avec ce film on a voulu créer un outil de reconstruction de notre histoire.

Les oiseaux de passage
Les oiseaux de passage / Ciudad Lunar_Blond Indian-Mateo Contreras
  • Cristina Gallego :

La culture que nous décrivons dans le film, les wayuu, a des codes qui ne sont pas très éloignés de ceux des gangsters. Il existe un personnage, le palabrero, avec un rôle similaire de celui du consigliere dans la mafia. C’est un genre qui plait beaucoup autour du monde, mais que notre cinéma s’est souvent interdit. En Colombie, on a du mal à s’en emparer à cause des ravages de notre histoire récente…

C’est une métaphore de notre pays, une tragédie familiale qui devient aussi une tragédie nationale. En parlant du passé, elle nous permet de mieux comprendre où nous en sommes aujourd’hui en tant que pays…

Dans "Les oiseaux de passage", deux mondes s’affrontent : l’un très rationnel ancré dans une réalité basée sur l’argent et le pouvoir ; l’autre tourné vers le folklore d’une communauté traditionnelle et croyante. Un mélange des genres avec une dimension ethnologique dans un film de gangsters. 

Les oiseaux de passage
Les oiseaux de passage / Ciudad Lunar_Blond Indian-Mateo Contreras

►►► Distribution

Un film mexicano-colombien co-réalisé par Cristina Gallego et Ciro Guerra

Avec Carmiña Martínez, Jose Acosta, Jhon Narvaez, Natalia Reyes, Jose Vicente Cotes, Juan Martínez, Greider Meza…

Les oiseaux de passage
Les oiseaux de passage / Ciudad Lunar_Blond Indian-Mateo Contreras
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