Un DVD de plus ? Non un DVD enfin, celui du dernier film en date d’Agnès Varda, « Les Plages d’Agnès », César du meilleur film documentaire et surtout surtout surtout merveille absolue de cinéma en liberté à la première personne d’une singulière qui n’en finit pas de s’adresser à la première personne du pluriel. A peine vingt minutes de « boni » (mot déposé par Agnès V.) mais qu’importe puisque tout est dans le film lui-même. La malicieuse Agnès préfère penser à nos frigos et autres surfaces aimantées ou aimantes en glissant dans chaque DVD un magnet ou plutôt des magnets qui reprennent l’affiche du film, crabe et mouette compris ! Mais la plus belle prime, c’est assurément ce petit livret du film qui, textes et photos à l’appui, témoignent de ce qu’est cette plongée dans le passé-présent d’une cinéaste glaneuse d’elle-même. Comme un petit cahier d’écolière, un vaste collage forcément impressionniste mais plus ordonné qu’il n’y paraît. Tant pis si cette énième évocation du film de Varda soûle déjà certains lecteurs, mais les émotions se font rares en ce moment. Alors quand on croise les chemins de Varda, Cavalier et Depardon (pour rester dans le registre du journal filmé et de l’intime au plus près de nous), comment ne pas le dire, le faire savoir et le faire partager ? Ces trois-là n’en finissent pas de nous émouvoir et de nous chambouler. C’est plutôt bon signe, non ? Et c’est plutôt agréable, non ? Que restera-t-il demain du cinéma français de cette première décennie ? Eux assurément, avec quelques autres dans la fiction assurément, mais eux définitivement. Varda, Cavalier, Depardon, les trois couleurs, les trois regards, les trois âmes.Alors, cette semaine, c’est Varda avec ce DVD qui tient la première place. Varda et à côté le Demy monde. A eux deux, tout un univers sensible. A eux deux , des pans entiers de nos vies qui croiseraient, d’une part, Mona la SDF qui avance malgré tout sur une route hivernale du Gard et, de l’autre, une princesse vêtue d’une peau de bête qui prépare un cake d’amour dans une affreuse cuisine. Soit tous les contrastes, toutes les souffrances, tous les bonheurs. Une humanité tout entière à eux deux. C’est aussi ce parcours-là que le film de Varda venait nous rappeler, comme un retour à l’essentiel. Le DVD des « Plages d’Agnès » est édité par les éditions Ciné Tamaris et Noël n’est pas loin….Ah ! ça ira !La phrase du soir« Maintenant, il faut lire entre les lignes du téléphone. »Jules Renard, « Journal »

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