On peut tout demander au cinéma. Meme de donner le goût du bonheur ! Exercice réussi avec la nouvelle vision des « Vacances de Monsieur Hulot » dans sa version DVD restaurée par les opins de la Cinémathèque française. On ne ne se lasse pas de revoir ce film-là. Et de l’entendre à nouveau. Pour ces « Vacances » il faut « écouter/voir » écouter et voir. Les deux sens sont mis à contribution à parité, à stricte parité. Un son, une image, un son, une image : une adéquation parfaite et de tous les instants. Et parfois un silence, une respiration. L’image se met alors elle aussi comme en repos. Le temps de prendre son temps. On peine à parler de gag chez Tati parce que ce qui est en jeu c’est un e observation incroyable du vivant. C’est comme s’il mettait à disposition de chaque spectateur un microscope et un télescope pour scruter le petit mon de monsieur Hulot, notre monde par conséquent et par extension. De ce spectacle total, on saurait en sortir indemne. Après ça, on n’entend plus pareil et on ne voit plus pareil la porte battante d’une salle de restaurant (que seuls les esprits faibles ou forts voudraient dégonder évidemment), l’explosion d’un feu d’artifice, un poste de radio ou bien encore une balle de tennis frappant une raquette. C’est la vie mode d’emploi revue et corrigée par un cinéaste de génie qui a fait de chacun de ces films comme un bréviaire de notre quotidien sonore et visuel. Avec « Les Vacances… » non est à cheval entre le documentaire et la fiction puisque littéralement il ne se passe rien (Monsieur Hulot passe une semaine au bord de la mer à l’Hôtel de la Plage.. la belle affaire vraiment, quel non scénario !) et que concrètement il se passe tout ( tout ce qui fait quue nos vies s‘écoulent dans une accumulation de moments et de gestes petits et grands).Evidemment, on peut voir ici la mort au travail dans cette série de situations insignifiantes ou presque. Mais on peut également considérer qu’ainsi va la vie et que Tati en devenant le comptable de ces corps en mouvement se fait le chantre de ce que vivre veut dire. De même que la vieille guimbarde de notre héros Hulot est capable de réveiller tout un hôtel, de même les images et les sons concoctés par Tati peuvent-ils nous faire sortir de notre léthargie. Avec lui, on se nettoie les oreilles et les yeux. Des bains de jouvence. Du bonheur de cinéma.Vite un film !Je me souviens de Gene Tierney superbe dans « Laura » de Preminger et qu’elle y disait : « A la campagne, je ne lis pas les journaux »

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