Un ex-braqueur, un spécialiste de la cavale, un habitué des QHS, Michel Vaujour était aujourd’hui l’invité de « On aura tout vu » pour le documentaire que Fabienne Godet lui a consacré, « Ne me libérez pas je m’en charge » qui sera dans les salles mercredi et que je ne saurais trop vous conseiller d’aller voir. On le redoutait un peu taciturne, Vaujour, autrement dit on redoutait un peu un entretien avec cet homme au destin singulier. À la troisième question, il est devenu lui-même, un être de paroles et de mots tous pesés, choisis, réfléchis. Avec des réponses longues et argumentées. Des réponses d’homme habitué au silence et qui sait ce que le rompre signifie. Des réponses dont son producteur présent dans le studio dira après l’émission que certaines d’entre elles, Vaujour les donnait pour la première fois publiquement. Comme peut-être cette description des comportements des prisonniers à l’isolement face au matons qui peuvent les prendre pour des gitons. À cela Vaujour n’opposait qu’une seule chose : sa volonté, dont on a l’impression qu’elle est faite d’airain et de rien d’autre. Tout chez lui est affaire de volonté. En le regardant, en l’écoutant, en l’observant, j’ai cru voir Edmond Dantès, non pas l’aigle noir de la vengeance, mais juste un oiseau épris de liberté qui a décidé une bonne fois pour toutes que les murs n’existeraient pas pour lui.Après l’émission, nous partageons un verre de vin. En compagnie d’un ami de Vaujour qui nous a rejoint. C’est un ancien… flic de l’antigang ! Comme quoi rien n’est simple et l’amitié ne connaît pas de loi… elle non plus ! Au cours de cette discussion détendue, il sera pêle-mêle question de chirurgie esthétique parfois plus que nécessaire, de film à venir, de Pierre Goldman que Vaujour a rencontré et admire, de Mesrine que Vaujour n’a jamais rencontré et sur lequel il fait presque silence, de tout et de rien. C’est un moment entre deux. Un moment hors micro mais pas tout à fait dans la « vraie vie ». On prolonge, on s’attarde et puis on a d’autres pensées. On se libère sans mauvais jeu de mot, juste parce que cette rencontre avec un homme pas tout à fait comme les autres ne saurait se poursuivre. C’est la loi du genre.La phrase du jour ?« Il y a un mot, tu sais, pour dire l’intérêt qu’on a pour l’autre, le souci de l’autre, c’est pas la bienveillance, c’est plus… La sollicitude, c’est la sollicitude. »Agathe Villanova, alias Agnès Jaoui, dans « Parlez-moi de la pluie » un film co-écrit avec Jean Pierre Bacri et réalisé par Agnès Jaoui

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