"Watchmen, les gardiens" de Zack Snyder sera en salles le 4 mars prochain. Pourquoi le cacher ? J'allais à reculons ce matin à la pojection de presse de cette superproduction hollywoodienne, craignant une adaptation fade du gros album de BD écrit par Alan Moore. Ce dernier avait subi les derniers outrages avec une précédente adaptation, celle de "From Hell" d'après l'histoire de Jack L'Eventreur : le film du même nom qui en avait résulté dénaturait totalement le superbe roman dessiné tout en noir et très peu en blanc. Et puis Zack Snyder me restait en mémoire comme le réalisateur d'un peplum-navet intitulé "300", un film pour ceux qui aiment les films de gladiateurs à la pilosité virile. Bref, tout concourait à me faire fuir. J'avais tort.Certes le film ne se hisse pas au niveau de la BD . Mais ce serait un pari impossible. En l'état, il rend parfaitement compte de cette incroyable mise en déroute de la mythologie des super héros chers à la BD et au cinéma américains. Sur fond de guerre froide, Moore a bâti dans son oeuvre originale un portrait sans concession des Etats-Unis. Snyder ne retire rien à cette charge lui offrant une transposition cinématographique et esthétique digne d'intérêt. Se pose alors le seule question qui vaille en ces circonstances : faut-il lire la BD (publiée aux éditions Panini, soit dit en passant) ou faut-il d'abord voir le film ? Je n'ai pas de réponse satisfaisante. Puisque le film est forcément moins riche, moins touffu, moins complexe (2h40 contre des centaines de pages), on se tournera peut-être vers lui pour prolonger et amplifier ensuite sa vision par le plaisir d'une lecture dans laquelle on se plonge à corps perdu. La phrase du jour ? "Jouer la comédie, c'est laisser parler son corps." Olivier Gourmet

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