Quelles sont les raisons profondes qui nous poussent à voyager ? Guillemette Odicino s'est penchée sur le road movie "Little Miss Sunshine" de Jonathan Dayton et Valerie Faris (2006) pour trouver une réponse...

Steve Carell et Toni Collette lors d'une crise traversée dans "Little Miss sunshine" (2006)
Steve Carell et Toni Collette lors d'une crise traversée dans "Little Miss sunshine" (2006) © AFP / Bona Fide Productions / Deep Riv / Collection ChristopheL

Comme disait Paul Moran : 

Notre façon de voyager dit toujours ce que nous sommes, au moins à un moment de notre existence. 

Little Miss Sunshine est le film qui dit ça le mieux possible, avec tendresse, humour, et quand même juste ce qu'il faut de vitriol. Exactement comme ces plats dans lesquels une épice exotique change tout, à l'autre bout du monde. 

La famille Hoover, qui décide de rouler ensemble vers la Californie dans un vieux combi Volkswagen jeune canari, ne prend pas la route des vacances. Leur but est précis : permettre à la petite dernière, Olive, sept ans, de participer à un concours de mini-miss. 

C'est donc un road movie. La route va donc être le lieu de péripéties en tous genres. Mais le voyage, en fait, se fait à l’intérieur même de l'habitacle de ce van, qu'il faut d'ailleurs pousser sans cesse pour qu'il redémarre. 

C'est une thérapie de groupe ambulante, où l'altérité est juste sur le siège passager ou sur la banquette arrière.

Il y a un père qui croit atteindre la réussite en écrivant dessus. Une mère un peu dépassée. Un fils qui fait la grève de la parole. Un grand-père très rock'n roll. Et un tonton suicidaire et grand spécialiste mondial de Marcel Proust.

Alors, avec de tels guides, la famille, cette structure qui est souvent un peu trop immobile, devient la plus insolite des fugues. 

Alors voilà : que votre famille soit minimale ou tentaculaire, entassez tous les gens que vous aimez dans une vieille guimbarde. Engueulez-vous, tombez en panne, poussez. N'oubliez personne sur le bas-côté. Et roulez. Parce que comme l'écrivait Proust : 

Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.