Le poète Louis Aragon a été un passionné de cinéma. Il aimait dès ses débuts ces films où l'on se tue et où l'on s'aime. Il aimait voir la peau des personnages comme s'il les approchait lui-même, et les voir se désirer pendant une heure et mourir d'impatience sur son siège de spectateur. Il préfère donc des films populaires comme les feuilletons Les Vampires etFantômas de Louis Feuillade ou Les Mystères de New York . Pour sûr en 2015 et au festival de Cannes, il aurait adoré Mad Max.

Ce ne sont pas les adaptations littéraires qu'il a aimées au cinéma mais la poésie qui se dégageait de l'écriture cinématographique.

Avant l’apparition du Cinématographe, c’est à peine si quelques artistes avaient osé se servir de la fausse harmonie des machines et de l’obsédante beauté des inscriptions commerciales, des affiches, des majuscules évocatrices, des objets vraiment usuels, de tout ce qui chante notre vie, et non point quelque artificielle convention, ignorante du corned-beef et des boites de cirage…Mais seul le cinéma qui parle directement au peuple pouvait imposer ces ressources nouvelles de splendeur humaine à une humanité rebelle à qui cherche son cœur.

Louis Aragon, (1897-1982) en 1918 dans la revue de Dulluc « Le Film »

Cité dans Naissance d’un art 1895-1920 textes choisis par Daniel Banda et José Moure (Flammarion, 2008 – coll. Champs arts n°798)

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Avec Colette Ducarre et la Bibliothèque de Radio France

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