La première édition du festival de cinéma Lumière 2009 organisé cette semaine dans le Grand Lyon vient de prendre fin. Nous étions en direct de Lyon vendredi pour évoquer cette manifestation unique en son genre. Soit un festival sans compétition, sans jury, sans people en promo, sans film-événement au marketing éhonté, sans marché, sans enjeux financiers, sans photographes hurleurs et sans chasseurs d’autographes. Mais un festival de cinéma avec des cinéphiles avides de redécouvrir des trésors signés Leone, Eastwood, Siegel ou Etaix, avec des invités prestigieux (Guédiguian, Kusturica, Salles, Satrapi, Varda, Tavernier, Cissé, etc) à qui l’on a demandé de présenter les films de leur choix dans de vraies salles de cinéma devant un vrai public à Vénissieux, Givors, Feyzin et autres cités périphériques dont parfois le nom ne leur disait strictement rien une heure avant d’y avoir mis les pieds. Pour avoir ainsi qualifié d’anti-Cannes ce festival lyonnais, je me suis attiré les foudres de son directeur général, Thierry Frémaux, par ailleurs délégué génaéral du festival de … Cannes. J’ai senti dans ses remontrances outrées comme l’écho d’une satisfaction indicible, la reconnaissance implicite d’une démarche volontaire mais forcément secrète. Mais qui pourrait blâmer Thierry Fremaux d’innover et de faire ailleurs et autrement ? Personne évidemment. De l’avis général, cette première édition fut une réussite totale et enthousiasmante. L’avis général, à savoir les publics venus en masse dans les dizaines de salles associées à la manifestation, les cinéastes invités ravis d’exercer leur cinéphilie sans le poids insupportable de la promotion et de sa langue de bois et même un éminent et talentueux sociologue des pratiques culturelles, Emmanuel Ethis, bluffé par la richesse, la profondeur et la diversité de ce festival atypique. Qui a dit que la cinéphilie est morte ? Qui a dit que les « vieux » films ne font plus recette sur grand écran tués par le DVD et les petits écrans jivaros ? Qui peut encore prétendre après cette expérience grandeur nature que le cinéma a perdu de ses valeurs collectives ? Ce que nous dit tout simplement ce festival en forme de kermesse joyeuse et débridée, c’est qu’il faut veiller à ne pas oublier le lieu naturel du cinématographe, son lieu premier, initial et originel : la salle, avec son écran géant, ses qualités techniques, son obscurité, son collectif et, pourquoi ne pas l’évoquer, ses mains qui se frôlent, ses épaules accueillantes, cette cinéphilie à deux qui donne des ailes ? Lumière 2009 est en ce sens un formidable pied de nez aux tristes figures qui prédisent chaque matin la mort du cinéma sous sa forme actuelle. Que cette « petite musique » volontariste provienne de Lyon la ville sans festival de cinéma est proprement réjouissant. On savait la ville résistante dans l’âme et les actes quand il le faut. Toutes choses égales par ailleurs, la survie du cinéma dans sa dimension « spectaculaire » au sens propre du terme vaut bien que l’on cultive cet esprit de révolte contre les idées reçues et les renoncements mortifères.Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Bonne nuit »

www.lumiere2009.org

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