Vous ne pensiez pas devoir vous précipiter sur un téléfilm sur la vie du Cardinal Lustiger , surtout en ces temps de papamania, mais vous auriez tort de ne pas le faire.

Laurent Lucas dans Le métis de Dieu
Laurent Lucas dans Le métis de Dieu © Arte

Le téléfilm Le métis de Dieu de Ilan Duran Cohen diffusé sur Arte ce vendredi 29 mars présente la vie d’Aron, juif, devenu Jean-Marie par le baptême catholique à 14 ans pour sauver sa peau sous le régime de Vichy.

Mais qui, adulte, devient membre du clergé de sa nouvelle religion. Rejeté par son milieu d’origine, en particulier par son père, ce fils de déportée ne fut pas mieux accepté de l’autre côte : en tant que converti, son catholicisme était toujours suspect.

C’est ce déchirement que le film raconte. Mais pas seulement. C’est aussi la biographie, d’un prêtre pas tout à fait comme les autres : fumeur invétéré, lecteur du journal de bandes dessinées Pilote, ami du pape Jean-Paul II et grand colérique !

Le film s’ouvre sur sa nomination en 1979 comme évêque d’Orléans alors qu’il pensait que ses origines lui fermeraient les portes de l’épiscopat. Le futur cardinal joué par un étonnantLaurent Lucas débarque dans la rédaction d’un journal chrétien qui avait mentionné sa conversion. Lulu le Buldozer, c'est son surnom, laisse exploser sa colère. Et développe son idée maîtresse : être juif n’est pas incompatible avec son identité chrétienne, comme les apôtres et Jésus lui-même . Signe que cette vision n’avait rien d’évident, plus tard dans le film, c’est le Grand Rabbin de France lui même, qui lui demande de cesser de se proclamer juif à longueur d’interviews.

Pascal Greggory dans Le métis de Dieu
Pascal Greggory dans Le métis de Dieu © Arte

Devenu ami du pape il gravit les marches de la hiérarchie ecclésiastique.Jean-Paul II voit en lui, le prêtre énergique, mais surtout, en nommant un converti, ce maître de la communication pensait faire du bruit en France dans les médias. Il lui confie d’ailleurs une mission : faire passer l’église de France à l’heure de la modernité médiatique.

Le métis de Dieu
Le métis de Dieu © Arte France

En 1984, des religieuses polonaises s’installent dans le camp d’Auschwitz soutenues… par le pape. La communauté juive s’indigne. Le cardinal réussi à mettre à la même table les représentants des deux cultes pour négocier le départ des nonnes. La participation de Lustiger au règlement de l’affaire dite du Carmel d’Auschwitz révèle toute l’énergie dont est capable ce véritable homme d’action, et donne du rythme au film. Le réalisateur reconnaît avoir plus eu en tête le thriller politiqueLes hommes du président que Thérèse , le film contemplatif d’Alain Cavalier. Le beau casting (Pascal Greggory en Cardinal Decourtray, Henri Guibet dans le rôle du père…), et l’écriture dynamique le confirment, vous pourriez vraiment avoir tort de rater ce métis .

Voir un extrait du Métis de Dieu :

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