Un mot en passant pour prolonger le post d’hier consacré à « Looking for Eric » de Ken Loach. J’ai croisé aujourd’hui à France Inter plusieurs personnes qui m’ont dit leur bonheur d’avoir vu ce film. Manifestement, il fait du bien à ceux qui le voient. Il est donc à classer dans le rayon « Guronsan »de votre armoire à pharmacie. Le cinéma comme tablette euphorisante et après tout, pourquoi pas ? On connaît les vertus bienfaisantes de l’amour, des siestes (à deux…) et de quelques produits plus ou moins aphrodisiaques comme le cacao-chocolat, on pourrait y ajouter assurément certains films qui, à un moment ou un autre, nous ont donné le tonus nécessaire (j’ai en la matière un faible pour « Les Demoiselles de Rochefort »… Que voulez-vous, moi, quand le marin Jacques Perrin « part en perm’ à Nantes », j’ai le sourire définitif !). Bref, ces films-là (dont chacun a, soit dit en passant, sa propre liste) seraient l’inverse des « films-tisanes » ou « films pisse-mémé », comme on voudra, ces nanars à l’effet diurétique pour l’œil et le cerveau. Des exemples ? Que nenni, ce n’est pas le sujet ! Allez plutôt voir « Looking for Eric » !Et maintenant, une page de pub pour vous dire que demain dans l’émission, outre Ken Loach, vous pourrez entendre en direct Jean-Pierre Mocky en personne. Notamment parce que vient de sortir en DVD dans la collection des « Cahiers du Cinéma « 2 films de… », un coffret contenant « Snobs » et surtout « Un drôle de paroissien » véritable petit bijou loufoque avec l’immense Bourvil dans le rôle principal. Certes, Mocky a trop tourné et sa filmographie compte des films ratés. Mais il souffle dans son cinéma un air de liberté. Liberté » de ton, liberté de forme (non, ce n’est pas un grand styliste, même si les ambiances nocturnes de ses premiers films annonçaient autre chose…), liberté des acteurs qui s’en donnent manifestement à cœur joie, liberté de se montrer visionnaire sur le foot et ses supporters débridés, la télé et ses ravages éducatifs ou bien encore le business caritatif, liberté a contrario de raconter un peu n’importe quoi parfois sur d’autres sujets tout aussi sérieux. Foutraque, déjanté, surréaliste, tel est Mocky, électron libre du cinéma français et qui demain nous annoncera peut-être le tournage prochain d’une superproduction américaine avec les plus grandes stars hollywoodiennes du moment. De qui alors Mocky se moque-t-il ? Mais de lui-même d’abord lui qui, par ailleurs, a su réussir le pari de tourner pour la télé des « Hitchcock raconte… » avec la fine fleur des acteurs français. Et puis un type qui a fait tourner Hervé Pauchon à plusieurs reprises dans ses films ne peut pas être foncièrement mauvais…La phrase du jour ?« Bel Avignon ville de l’aventureL’amour y prend cette clarté d’épureQue rien n’explique excepté qu’on est deux »Aragon, « Avignon », septembre 1946

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