Jusqu'ici plutôt habitué aux acteurs non professionnels, Bruno Dumont réunit de grands noms du cinéma : Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi et Fabrice Luchini

Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi et Fabrice Luchini
Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi et Fabrice Luchini © Roger Arpajou

Le réalisateur de la série P'tit Quin-quin offre ici une comédie dramatique déjantée et loufoque qui se déroule pendant l'été 1910, dans la baie de Slack dans le Nord de la France.

De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace adjoint Malfoy (mal)mènent l’enquête. Ils se retrouvent, bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils aî né d’une famille de pêcheurs aux mœurs particulières et Billie Van Peteghem, la benjamine d’une famille de riches bourgeois lillois décadents.

Ma loute
Ma loute © R. Arpajou

J’ai toujours voulu réaliser un film comique, sans trouver la bonne note, le bon accord. Du coup, j’ai mis longtemps cette idée de côté, j’ai fait d’autres films, j’ai abordé d’autres genres.

Et puis, Arte lui propose de réaliser une série (P'tit Quinquin) et lui donne carte blanche pour faire ce que il voulait. Le réalisateur choisit de se lancer dans une comédie policière, mais à sa manière, de façon un peu expérimentale. Il a l’intuition que le drame doit être le ressort du comique.

Je suis donc parti de ce que je savais faire, de ce que je connaissais, en ajoutant une dimension burlesque voire grotesque.

Le succès de P’tit Quinquin lui donne confiance, et l' envie de prolonger cette expérience au cinéma en profitant des avantages narratifs et picturaux qu’offre le grand écran. Bruno Dumont voulait que Ma Loute soit "cinématographique et profondément drôle".

je m’éloigne plus visiblement de ce soi-disant naturalisme que l’on m’a prêté malgré moi depuis mes débuts

Fabrice Luchini
Fabrice Luchini © Roger Arpajou

"Fabrice Luchini est le premier acteur auquel j’ai pensé pour le rôle d’André Van Peteghem. explique le réalisateur. J’ai très vite voulu le rencontrer et m’assurer qu’il accepterait la transformation physique nécessaire au personnage."

Ce qui m’intéressait, c’était sa qualité d’acteur. Son métier consiste à composer autre chose que ce qu’il est dans la vie, je lui ai donc proposé d’être un autre.

"Il fallait le grimer et l’altérer physiquement. Je ne voulais pas que le spectateur puisse le reconnaître au premier coup d’œil. J’ai procédé de la même manière avec Juliette Binoche et Valeria Bruni Tedeschi. Ce qui m’intéressait, c’était de tous les contrarier et de révéler quelque chose en eux . Ce sont des acrobates. C’était passionnant de leur faire composer des personnages farfelus, et de les voir affronter leurs peurs."

Après Camille Claudel 1915 , je savais que Juliette Binoche pouvait tout faire, j’aurais pu lui demander de jouer Paul Claudel, elle aurait réussi à être convaincante.

"Valeria Bruni Tedeschi avait un personnage plus effacé à jouer, ce qui n’est pas forcément dans sa nature même si je la voyais parfaitement dans ce rôle. J’ai donc dû la neutraliser, même la brider, ce qu’elle a parfaitement compris et accepté."

Raph, Bruno Dumont, Brandon Lavieville et Jean-Luc Vincent
Raph, Bruno Dumont, Brandon Lavieville et Jean-Luc Vincent © BORDE-MOREAU / BESTIMAGE

Bruno Dumont et Cannes

Bruno Dumont a déjà foulé le tapis rouge de Cannes et a été récompensé à trois reprises. Il fait l'objet d'une mention spéciale de la Caméra d'Or en 1997 pour La Vie de Jésus . Puis décroche deux fois le Grand prix du jury, en 1999 pour L'Humanité et 2006 pour Flandres.

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