Ernst Bloch
Ernst Bloch © Bundesarchiv

Ernst Bloch ne connaissait pas Alexandre Desplat, compositeur de musique de film oscarisé récemment. Ernst Bloch était philosophe, allemand, dans la lignée des marxistes dits non-orthodoxes. Il est né en même temps que le cinéma. Il écrit dansIn Argonauten en 1914La mélodie au cinéma ou musique immanente et transcendantale. Visiblement cet intellectuel avait besoin de sensations, au premier sens du terme.

Il parle à une époque où le cinéma est muet mais pour autant toujours accompagné de bruitages, textes dits mais aussi de musique.

... Nous pouvons dire que la musique est maltraitée au cinéma et que, malgré d’énormes besoins, aucune composition n’a été spécifiquement conçue pour un film et qu’aucune solution à ces problèmes effectifs et très intéressants ne se profile actuellement. En tant que spectateurs de cinéma, nous dépendons d’abord exclusivement de notre œil. C’est pourtant le toucher qui donne la plus forte impression de réalité. Mais devant l’écran, nous devons renoncer à tout ce qui, ailleurs, confère à notre perception des choses, son plein sens de la réalité, à savoir la pression, la chaleur, l’odeur, le bruit et l’immersion sensorielle. La peau, le nez, l’oreille tous les autres sens sont neutralisés, tandis que l’œil est surchargé.

Précisons que dès 1896, le pianiste Emile Malaval est venu jouer pour tenter de couvrir le bruit de l'appareil de projection. La musique de film fait sa première apparition le 17 novembre 1908. Camille Saint-Saens a composé une pièce pour le film L'Assassinat du duc de Guise , d'André Calmettes et Charles Le Bargy.

Cité dans Naissance d’un art 1895-1920 textes choisis par Daniel Banda et José Moure (Flammarion, 2008 – coll. Champs arts n°798)

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Avec Colette Ducarre et la Bibliothèque de Radio France

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