Marcello et Cannes, c'est une histoire faite de passion, de scandale, de regrets, mais surtout de beaucoup d'amour. Entre 1960 et 1996, l'acteur a été 19 fois en compétition, dont deux fois en 1970, année ou il obtient son 1er prix d'interprétation pour le drame de la jalousie de d'Ettore Scola. Le second récompensera sa prestation dans les yeux noirs de Nikita Mikhalkov, en 1987.

A propos d'amour, les yeux de Sophia Aram en débordent lorsqu'elle évoque le cinéma italien et Marcello Mastroianni

1 min

Sophia_Marcello

Marcello et Cannes, en cinq films

Marcello Mastroianni et Federico Fellini
Marcello Mastroianni et Federico Fellini © MaxPPP

La dolce Vita de Federico Fellini (1960) Son producteur, Dino de Laurentiis aurait aimé Paul Newman pour le rôle principal, mais Fellini voulait Marcello... Et ce fut Marcello... mais le réalisateur perdit son producteur qui décida de se retirer du projet.

La Dolce vita marque la première collaboration du réalisateur et du comédien. Suivront cinq autres films.Quelques années plus tard sur un plateau d'Antenne 2, Mastroianni évoquait cette rencontre

**La Dolce Vita** a remporté à l'unanimité la Palme d'Or du Festival de Cannes 1960, alors présidé par Georges Simenon **La Dolce vita** a contribué à populariser le terme "paparazzi", qui fait aujourd'hui partie du langage courant. Le terme est un dérivé de Paparazzo, du nom de l'ami photographe de Marcello Mastroianni dans le film. **Drame de la jalousie d'Ettore Scola (1970)** Ettore Scola s'amuse ! La construction même du film prend toutes les règles à contrepied, et, cerise sur le gateau, les personnages s'interrompent régulièrement pour nous livrer le fond de leur pensée. Et ça paie. Marcello Mastroianni remporte le prix d'interprétation. Cette année là Mastroianni est également à l'affiche d'un autre film primé : **Léo The Last** de John Boorman, prix de la mise en scène. **La grande bouffe de Marco Ferreri (1973)** Hué à Cannes lors de la présentation du film, Philippe Noiret répond aux critiques : "_Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie_ ".
Les critiques vont alors se déchainer. Florilèges : Claude-Marie Trémois de Télérama écrit : "_Obscène et scatologique, d'une complaisance à faire vomir, ce film est celui d'un malade qui méprise tellement les spectateurs que l'on ne peut que se réjouir des huées qui l'ont accueilli, lui et ses interprètes, au sortir de la projection_ ". François Chalais déclare que le "_Festival a connu sa journée la plus dégradante et la France sa plus sinistre humiliation_ ". Le critique Jean Cau de Paris Match s'exclame dans son article "_La Grande Bouffe et vomir : Honte pour les producteurs […], honte pour les comédiens qui ont accepté de se vautrer en fouinant du groin […] dans pareille boue qui n’en finira pas de coller à leur peau. Honte pour mon pays, la France, qui a accepté d'envoyer cette chose à Cannes afin de représenter nos couleurs (…) Honte, enfin, pour notre époque dont la faiblesse tolère, finance, encourage, dévore et déglutit pareille pâtées d'excrément_ ".
Piccoli, Mastroianni et Ferreri
Piccoli, Mastroianni et Ferreri © MaxPPP
Malgré tout ça, **La Grande bouffe** a été un succès retentissant auprès du public et a tout de même récolté le prix Fipresci (Fédération Internationale des critiques de films). Pour l'anecdote, le film a été tourné dans une villa rue Boileau dans le 16ème arrondissement (villa qui est l'actuelle ambassade du Vietnam). Les plats présentés dans le film et qui apparaissent à l'écran écœurants et repoussants, ont été réalisé par le célèbre traiteur parisien FauchonAprès **La Grande bouffe** , Mastroianni retrouvera Ferreri en 1977 pour **Rêve de singe** et en 1983 pour **L'Histoire de Piera** . **Une journée particulière d'Ettore Scola (1977)** Ettore Scola a fait le choix d'utiliser deux acteurs à contre-emploi. A l'inverse de son image de latin lover, Marcello Mastroianni interprète un homosexuel, tandis que l'ex-femme fatale Sophia Loren tient le rôle d'une femme au foyer, prématurémment vieillie et méprisée par sa famille. "_D'où vient le charme inexprimable de ce film dont la beauté pousse la singularité jusqu'à n'avoir été regardé à Cannes que par un jury d'aveugle, de sourd et de muet_ ". Voilà ce qu'écrivait François Chalais dans Paris Poche au moment de la sortie du film. Alors pourquoi le jury présidé par Roberto Rossellini n'a-t-il pas récompensé **Une journée particulière** cette année là, Gilles Jacob nous livre quelques explications.
3 min

jacob_complot

Sophia Loren et Marcello Mastroianni
Sophia Loren et Marcello Mastroianni © MaxPPP
Scola a été très déçu, Sophia Loren très en colère et qui a fait les frais de cette histoire ? Maurice Bessy, le directeur du festival. "_ça a hâté son départ et ça à hâté mon arrivée_ " raconte Gilles Jacob. Sa première décision a donc été que l'équipe du festival n'intervienne jamais dans les délibérations[_> (Ré)écoutez dans notre fil de podcast spécial Cannes le Radioscopie de Claude Bessy_ ](http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_14311.xml)**Une journée particulière** est le 5ème film que Mastroianni et Scola tournent ensemble. Il y en aura 4 autres. Quant au duo Mastroianni / Loren, ce film est leur 13ème en commun, il y en aura un ultime l'année suivante **Les yeux noirs de Nikita Mikhalkov (1987)**
Mastroianni partage l'affiche avec sa fille Chiara dans ce film qui lui vaudra son second prix d'interprétation ►►► POUR ALLER + LOIN | **[> Abonnez-vous au fil de podcast "Spécial Cannes"](http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_14311.xml) Émissions cultes, pépites et grands moments. Téléchargez chaque jour des archives qui accompagnent et illustrent ce billet de blog** **(en partenariat avec l'[INA](http://www.ina.fr/))** **Le masque et la plume** - Spécial Fellini (15 avril 1960) **Radioscopie** - Jacques Chancel reçoit Marcello Mastroianni. Une première fois en janvier 1974, une seconde fois en janvier 1982) **Citizen Cannes** - Viav Italia **Le festival en 18 palmes** - La dolce vita avec René Marx
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.