Un film de Xavier Giannoliavec Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau et Christa Théret

Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années, elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenu dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public, à l’Opéra.

Il y a une dizaine d’années, Xavier Giannoli entend à la radio la voix d’une improbable chanteuse d’Opéra qui interpréte "La Reine de la Nuit", de Mozart, mais en chantant totalement faux. "C’était très drôle, saisissant… L’enregistrement était grésillant, ancien et mystérieux, comme "venu d’ailleurs" ".Le réalisateur découvre que cette chanteuse s’appelait Florence Foster Jenkins et qu’elle avait vécu aux Etats-Unis dans les années 40. Elle était riche, passionnéede musique et d’Opéra et surtout parfaitement inconsciente de la splendide fausseté de sa voix. Elle avait l’habitude de chanter devant un cercle d’habitués et jamais personne de son entourage ne lui avait dit qu’elle chantait complètement faux, par hypocrisie sociale, intérêt financier ou simplement lâcheté… "La situation était déjà très amusante, avec quelque chose de cruel que j’avais envie d’explorer ".

Je sentais que cette voix brisée avait quelque chose à me dire, un secret.

Xavier Giannoli poursuit son "enquête à New York ou il trouve beaucoup de coupures de presse évoquant l'improbable "carrière" et l'excentricité de Florence Foster Jenkins. Ceratins articles évoquent même un grand concert à la fin de sa vie où elle a chanté devant la salle immense du "Carnegie Hall". ""J’ai aussi trouvé un enregistrement où elle interprète plusieurs airs classiques, toujours avec la même maladresse hilarante. Sur ce disque, il y avait une photo d’elle avec des ailes d’ange dans le dos et un diadème de reine sur la tête. J’ai écrit une première version puis je suis parti faire d’autres films en gardant toujours cette photo sur moi et cette mystérieuse voix dans ma tête. Je sentais que cette voix brisée avait quelque chose à me dire, un secret. "

Catherine Frot et Xavier Giannoli
Catherine Frot et Xavier Giannoli © / Larry Horricks

Marguerite n’est donc pas un biopic mais une évocation libre d’un personnage qui a vraiment existé. C’est assez comparable avec le travail que le réalisateur avait fait pour à L’Origine.

En tant que spectatrice, je crois que seuls les films de Maurice Pialat m’ont apporté une émotion comparable à celle ressentie devant les films de Xavier. Ils ont en commun d’entremêler la fiction et la réalité jusqu’à ce qu’on ne puisse plus distinguer l’une de l’autre. C’est de l’ordre du trouble. J’aime beaucoup ça.

Pour préparer son rôle, Catherine Frot a pris des cours de chant et a appris par coeur les airs qu'interprète son personnage. "Au début, je pensais que je pourrais tout simplement les chanter faux, mais ils montent tellement haut qu’il faut être vraiment colorature, c’est-à-dire chanter très aigu, pour y arriver et j’ai failli me casser la voix. Xavier a donc décidé que je serais doublée dans les scènes de chant. Il fallait dès lors que je puisse effectuer un playback parfait. "

Catherine Frot en diva
Catherine Frot en diva © / Memento

La vraie Marguerite

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