Elle voulait filmer Marseille et les Marseillais depuis longtemps. "Corniche Kennedy" est un film solaire de Dominique Cabrera. Voici Marseille, la belle en 7 films.

Vue aérienne de Marseille
Vue aérienne de Marseille © Maxppp / J. Pfeiffer

Dans le film Corniche Kennedy, Dominique Cabrera montre des jeunes marseillais dans toute leur vitalité. Le film sort le 18 janvier, il est adapté du roman éponyme de Mailys de Kerangal.

On oublie les films de voyous, les histoires de drogue, les réglements de compte. Oublions aussi les films qui n'ont pour objet que de faire entendre un accent, des expressions, et un folklore qui n'en est un que pour les myopes et malentendants de la vie. Voici Marseille vivante et cœur battant en 7 autres films.

Un film éclatant de vie

Corniche Kennedy de Dominique Cabrera, 2017 : Entretien avec Dominique Cabrera

Dominique Cabrera :C’est une histoire qui met en jeu des jeunes gens sur la corniche, entre le ciel et la mer, entre l’âge adulte et les pulsions, entre la ville et l’horizon. Cet entre-deux m’a touchée, de même que la possibilité de filmer des jeunes des quartiers, ailleurs que dans leur environnement habituel. Ils ne sont pas dans la cité, mais au bord de la mer dans un décor qui les porte et les magnifie, qui les relie avec la Méditerranée, l’Antiquité ou la Grèce. J'ai voulu filmer les jeunes des quartiers populaires du côté de leur excellence, de leur exploit. Ils sautent de grande hauteur, c'est un exploit dont peu sont capables. Ils sont dans le danger, cela met en valeur leur héroïsme. On est aussi dans l’amusement et la déconnade. Ça me plaisait de sortir de la victimisation ou du fait divers. Même si la mafia et le danger rodent, même si les situations ne sont pas idylliques, le point crucial c’est leur vitalité, leur charme , leur liberté, leur beauté, leur poésie. Il y a plus de vitalité dans la vie des jeunes des quartiers que j’ai rencontrés que dans celle de la jeune fille un peu bourgeoise. Il y a chez eux plus de créativité et de vitalité, d’espace et de liberté .

Un film avec maillot de bain

Laissons Lucie faire d' Emmanuel Mouret, 2000 : Lucie vend des maillots de bain qu'elle a créés sur les plages. Son compagnon, Lucien vient d'échouer à son examen pour devenir gendarme. Qu'à cela ne tienne, il deviendra apprenti agent secret, ce qui lui vaudra de nombreux désagréments dans sa vie sentimentale, surtout lorsqu'une jeune femme très entreprenante lui fait ouvertement des avances...

Un film avec la bise, à la fin

Chercher le garçon de Dorothée Sebbagh, 2012 : Un soir de réveillon en compagnie d'une bouteille de champagne, Émilie, 35 ans, s'inscrit sur Meet Me, célèbre site de rencontres sur Internet, avec une bonne résolution pour la nouvelle année : trouver l'amour. Il y a beaucoup d'hommes sur "Meet Me" : des cyniques, des comiques, quelques loustics et même de grands romantiques. Émilie est loin d'imaginer ce qui l'attend... dans la vraie vie.

Un film avec le monde entier en forme de bulle de savon (en fait c'est un ballon)

Marius et Jeannette de Robert Guediguian, 1997 : Le ballon transparent qui flotte sur l'eau dans le port de Marseille emporte tout de suite le spectateur dans le monde poétique de Guédiguian. Marius vit seul dans une cimenterie désaffectée qui domine le quartier, gardien de cette usine en démolition. Jeannette élève seule ses deux enfants avec un maigre salaire de caissière. Leur rencontre ne sera pas simple car, outre les difficultés inhérentes à leur situation sociale, ils sont blessés par la vie... "Une histoire d'amour chez les pauvres..." dit Guédiguian. En forme de conte et de bilan énergique, volontaire, plein d'espoir... pour réenchanter le monde.

Un film documentaire absolu

La république Marseille de Denis Gheerbrant, 2008 : La république Marseille nous emmène à travers 7 univers qui composent une ville comme une république, celle des dockers, des militants ouvriers, des femmes d'une cité jardin ou des habitants d'une énorme cité ghetto et, dans ses replis, à la rencontre de tout un peuple, ancien junkie, boxeur ou toutes jeunes filles devant la vie. La République, une grande artère du centre-ville. Face à une violente opération immobilière, toutes ces histoires viennent se rejouer.

Trois films "madeleine", pour les vieux

La trilogie marseillaise de Marcel Pagnol, à partir de 1931 : MarcelPagnol a écrit Marius, Fanny et César pour le théâtre et a voulu s'essayer au cinéma. Sur le Vieux-Port de Marseille, Marius travaille au Bar de la Marine dont son père César est le propriétaire. Il ne rêve que d'embarquer pour de lointaines destinations (les îles sous le vent). Partagé entre l'appel de la mer et son amour pour Fanny, Marius renonce à son projet et finit par s'unir à Fanny qui s'offre à lui. Mais, alors que César et Honorine sont prêts à les marier, Marius est repris par sa folie de la mer.

Un film pour Marseille l'ouvrière

Le rendez-vous sur les quais de Paul Carpita, 1955 : Le film qui fait passer la trilogie de Pagnol pour ce qu'elle est, une vaste pagnolade. Paul Carpita, caméra au poing, filme les ouvriers des années 50. Lutte sociale, débat sur l'effort financier pour garder coûte que coûte les colonies au détriment de l'aide aux pauvres. Le film, sorti à la veille de la Guerre d'Algérie, a été interdit dès après sa sortie.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.