George Méliès 1890
George Méliès 1890 ©

Le cinéma a été beaucoup regardé, évalué, admiré par ceux qui racontaient des histoires et qui ont dû jauger cette technique, cet art, comme un « outil » nouveau.

Les premiers longs métrages ont été des adaptations de romans ou de pièces de théâtre.

De 1895 à 1920, de la première projection publique de cette invention technique jusqu’au passage au statut d’œuvre artistique,ces « grands » témoins ont pu écrire leur sentiment , alors que pour le premier dessin, (à Chauvet ?) ou le premier roman, on n’a pas de commentaire éclairé, pas de trace du ressenti des témoins de l’époque.

Cannes Classics en 2011 a montré Le Voyage dans la lune deGeorges Méliès , dix-huit ans après que l'on ait retrouvé le film, et avec une nouvelle bande son signée du groupe électro Air. Méliès est l'un des inventeurs de l'art du cinéma et de ses effets spéciaux. SonVoyage est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Petit phrase choisie parmi les ses écrits au sujet des acteurs, lui qui fut aussi directeur de théâtre avant de réaliser quelques cinq cent films. Il compare ce que c'est que de diriger un acteur au théâtre ou au cinéma :

Le cinématographe a permis de donner des spectacles superbes, dans les pays dépourvus de théâtre ou de distractions quelconque et à un prix très abordable, puisque l’imprésario, une fois propriétaire de la pièce qu’il a achetée, n’a pas de frais d’artistes à payer journellement.

Ah !S’il pouvait en être ainsi pour les directeurs de théâtre ! Mais voilà, seuls les artistes photographiés et jouant imperturbablement et sans défaillance dans les vues cinématographiques sont d’aussi bonne composition. Ils ne peuvent pas être inégaux, bons un jour, mauvais l’autre ; s’ils ont bien joué à la première, ils sont excellents à perpétuité. Quel avantage !

Georges Méliès (1867-1938) - Extrait choisi dans Les vues cinématographiques in Annuaire général et international de la Photographie.

Cité dans Naissance d’un art 1895-1920 textes choisis par Daniel Banda et José Moure (Flammarion, 2008 – coll. Champs arts n°798)

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Avec Colette Ducarre et la Bibliothèque de Radio France

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