« Coco » ? Ras le bol ! Cette réaction épidermique, je l’ai en découvrant ce matin la une du « Parisien » : « Gad Elmaleh, roi de la promo ». Il est partout en effet sur TF1, sur France 2, sur RTL, bref sur les des médias qui drainent des millions et des millions de spectateurs. L’acteur est, comme on dit, « un bon client », au moins jusqu'à un certain point. Il fait son show bien volontiers, comme hier durant « Le Grand Journal » sur Canal + où il a terminé l’émission en esquissant quelques pas de danse sur le bureau transformé en plateau. Esquissé, c’est bien le mot, car Gad Elmaleh gère ses apparitions en père tranquille. Il fait son show, oui, mais pas trop. D’habiles conseillers en communication ont dû lui dire qu’il vaudrait mieux organiser la rareté. Histoire de contrebalancer une bande-annonce dans laquelle on trouve concentrés les maigres « gags » (pardon d’utiliser ce terme…) du film dont la quintessence est le jeu de mot (sonore) sur Monet (le peintre) et money (le bling-bling).Alors il s’économise Gad. Il a bien raison parce que même « Le Parisien » fait la fine bouche (« Vous risquez d’être déçus », tel est le titre de la critique parue ce matin dans le quotidien). Et là, ça sent le roussi : « jeux de mots vaseux et gags approximatifs » écrit en conclusion notre confrère Hubert Lizé. On ne saurait mieux dire et écrire. Nul ne peut prévoir ce que sera la réaction du public mercredi prochain. Même si le distributeur du film alimente actuellement une habile campagne de communication (hélas relayée par certains médias étrangement complaisants…) sur l’air du « Les avant-premières en province sont délirantes ». À vrai dire, je ne souhaite pas le succès de « Coco ». Voilà, c’est dit, de temps en temps, ça fait du bien. En général, on ne prononce pas ces paroles. Au nom du sacro-saint principe de redistribution du cinéma français qui fait en sorte que les films à succès (médiocres ou non) financent une partie des films en devenir.Pour une fois, je ne joue pas le jeu, parce que « Coco » est un film profondément détestable et qu’il me serait pénible d’apprendre que nombre de mes compatriotes lui réservent un bon accueil. Ce serait un excellent signe de santé si mercredi prochain, les salles projetant « Coco » ne soient pas combles.Oui, décidément ras-le-bol de ces récentes comédies françaises qui hissent « La Grande vadrouille » au Patrimoine de l’Humanité. Mais, après tout, c’est à chacun de choisir. Le spectateur n’est passif que lorsqu’il est entré dans la salle obscure. Avant, il a le choix !La phrase du jour ? « L’atmosphère invite aux voluptés sommaires, aux jeux, aux stupres ». André Gide

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