l'acteur philip seymour hoffman est mort
l'acteur philip seymour hoffman est mort © reuters
46 ans... C'est décidément trop tôt, beaucoup trop tôt. Et c'est pourtant l'âge qu'avait **Phillipe Seymour Hoffman** qui vient de mourir. On est triste. Forcément. Parce qu'au fil des films cet acteur s'était imposé à nous par une empathie particulière faite de rondeur et de malice, de chaleur et d'épaisseur. Un acteur, c'est d'abord un corps, celui de PSH occupait tout l'espace,**comme un Falstaff mi-débonnaire, mi-inquiétant, fils secret d'Orson Welles et de Peter Ustinov.** On le savait capable de tout puisqu'il se vivait d'abord comme un acteur de théâtre et sur les planches, c'est bien connu, impossible de tricher. On aurait envie au cœur de cette nuit triste de revoir trois films juste pour le retrouver vivant, époustouflant et magnifiquement monstrueux : Capote, 07H58 ce samedi-là et The Master. Trois rôles à sa démesure, **trois rôles au bord de la folie des hommes, trois dictateurs quotidiens que PSH rendait définitivement humains.** Il avait cette capacité géniale à faire passer les perversions d'un personnage pour l'expression d'une peur de mal vivre. Alors, tout lui et leur était permis. On a appris à l'occasion de sa mort qu'il côtoyait lui-même ces gouffres. On comprend mieux désormais sa capacité à rendre crédibles, vivants et acceptables ces êtres qui n'en finissaient pas d'exprimer le manque, l'ivresse des sommets et la soif d'absolu. On se dit aussi qu' assurément d'autres films incroyables seraient venus. On songe à ce que le cinéma perd. Mais qui donc récemment aurait pu jouer The Master à part lui ? Qui aurait pu incarner à ce point la folie d'un gourou ? C'est peut-être chez Lumet (07h58....) qu'il a donné le meilleur de son talent et de son énergie dans un film aussi atrocement crépusculaire que méconnu. Non décidément, 46 ans, ça ne passe pas et le regard de PSH nous hante, comme celui de Gerard Depardieu dans le plan final de "Police" de Pialat, un regard d'enfant âgé, un regard d'innocence mélancolique où tout est si beau mais déjà perdu.
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