Le Mobile Film Festival pour sa 9e édition donne rendez-vous à tous les cinéastes amateurs. Ils ont jusqu'au 6 janvier pour envoyer des vidéos d' 1 minute, tournées à partir de smartphones. Le vainqueur,désigné par le jury présidé par Jean-Pierre Jeunet, gagnera un chèque de 15 000 euros pour réaliser un court-métrage.

Mobile film festival
Mobile film festival © Mobile Film Festival

C'est un jury de professionnels du cinéma et de la télévision qui à partir de janvier, sous la houlette de Jean-Pierre Jeunet, se penchera sur une sélection des 50 meilleures vidéos, Après Gad ElMaleh et l'équipe de la série Bref, l'an dernier, c'estBruno Gaccio , scénariste pour Canal + qui officiera, aux côtés de Anne-Dominique Toussaint (productrice des Beaux gosses ) et Sophie Reine (César de la meilleure monteuse 2009), Lorenzo Benedetti (fondateur de Studio Bagel) et Davy Mourier (scénariste du Golden Show ),

Guillaume Renusson
Guillaume Renusson © Guillaume Renusson

Lors de la remise des prix 2014, on découvrira début février le court-métrage de Guillaume Renusson, le vainqueur de 2013. Qu'a-t-il fait de la dotation et de l'accompagnement à la production que le Mobile Film Festival lui a offert. Il est en train de finaliser "30 secondes de bonheur", dont voici le synopsis : Gérald, un ado introverti et asthmatique, décide d'aller jouer à un jeu dangereux la nuit, dans son internat, pour suivre sa bande de potes...

5 questions + 1 à Guillaume Renusson pour faire connaissance et en savoir plus

- Quel est votre parcours, comment êtes-vous venu au cinéma ? J’ai un parcours scolaire relativement classique : prépa lettres, licence de droit mention science politique... Des études qui m’ont énormément plu mais je voulais faire du cinéma. Et ce n’était pas une envie ni pour mon plaisir que j’y suis venu. C’était davantage une nécessité, un besoin que je ressentais. Sur le tournage de 30 Secondes de Bonheur par exemple, j’avais l’impression d’être à ma place, non pas au sens « je suis fait pour ça » mais parce que je me sentais bien, vivant. Je voulais créer au travers de l’image, écrire des histoires pour les mettre en scène... Et puis je suis plutôt curieux de ce qui nous fait souffrir, de ce qui nous fait échouer, réussir, de ce qui peut bouleverser notre quotidien, des relations que l’on a aux choses, entre nous... Curieux de ce que nous sommes, de comment nous réagissons à ce qui nous arrive et de ce que l’on devient à cause de notre caractère, de nos origines, de nos propres conflits... Des questions que je me posais et que le cinéma me permet d’exploiter. - Le prix du Mobile Film Festival n'est pas votre seule victoire, il y en a eu d'autres. Que vous apporte la présentation dans différents festivals ? Le fait d’être proche, d’être dans un rapport étroit avec un public. Il y a une forme d’unité très touchante. Par exemple, un moment fort à la dernière édition du Mobile Film Festival, quand j’ai reçu le prix. Gad Elmaleh a demandé à ce que mon petit film d’une minute soit rediffusé ( Une minute de silence), je me suis assis sur scène, dos à l’écran et, grâce à la lumière que projetait l’écran dans la salle, je pouvais voir les visages des spectateurs, leurs réactions, leur regard... Ça a confirmé le fait que je voulais faire du cinéma - pour moi certes - mais aussi, et nécessairement, pour les autres. Les festivals permettent ce lien fort avec le public.

<img src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2013/11/d1d9bbba-5ad5-11e3-b517-782bcb6744eb/640_mk_30secs-2.jpg" alt="Renusson 1" width="640" height="426" />
Renusson 1 © Guillaume Renusson
- Vous tournez en ce moment "30 Secondes de Bonheur", avec quels moyens et quel casting ? Après avoir remporté le Mobile Film Festival et ses 15 000 €, mon co-scénariste Clément Peny et moi avons pu signer avec la boîte de prod Madeleine Films, connue pour avoir produit Les Demoiselles de Rochefort et Les Parapluies de Cherbourg . La boîte avait arrêté de produire et se relance depuis deux ans. J’ai travaillé de manière très transparente avec Benjamin Bonnet,
<img src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2013/12/5e644ae2-5add-11e3-b517-782bcb6744eb/640_tournage.jpg" alt="Renusson tournage" width="238" height="546" />
Renusson tournage © Guillaume Renusson
l’un de mes producteurs, ce qui m’a permis de découvrir tout le processus de fabrication d’un film. Nous avons eu la chance d’obtenir le soutien de la Région Nord-pas-de-Calais, celui de la Ville de Tourcoing , une co-production avec une autre boîte - DigiProd - ainsi que l’accompagnement de la Maison du Film Court et de son responsable scénario, Richard Sidi, dans la réécriture du projet. La Maison du Film Court m’a également permis de rencontrer le compositeur de la musique du film durant une résidence artistique appelée DUO. Le budget du film a atteint les 65 000 € et pour le casting, j’ai eu la chance d’obtenir l’accord de jeunes acteurs professionnels que je considère comme appartenant à la génération montante du cinéma français :Solal Forte (Bref , Tu honoreras ta mère et ta mère de B. Roüan, Fonzy de I. Doval) Ernst Umhauer (Le Moine de D. Moll, Dans la Maison de F. Ozon), Alice Isaaz (La Cage Dorée de R. Alves , La Crème de la Crème de K. Chapiron, Les Yeux Jaunes des Crocodiles de C. Telerman), Bastien Ughetto (Dans la Maison de F. Ozon), Raphaël Ferret (Présumé Coupable de V. Garenq, Chronique d’une cour de récré de B. Fritta, Profilage sur TF1) et Grégoire Hussenot, un pote à qui je voulais confier l’un des rôles et qui m’a bluffé sur le tournage. J’ai également rencontré un jeune chef opérateur très talentueux de la Fémis,Noé Bach , avec qui j’ai pu concevoir l’image du film. Il y avait aussi une trentaine de techniciens professionnels sur le plateau, dont une bonne quinzaine issue de la région Nord-pas-de-Calais . Au final, je ne peux qu’être heureux d’avoir pu travailler avec une telle équipe et dans de telles conditions sur mon premier court-métrage produit.- Est-ce que l’enfance et l'adolescence sont des sujets de prédilection pour vous ? Il serait précipité d’affirmer dès mon premier film produit des sujets de prédilection mais ce que je pense, c’est que ce sont des âges paradoxalement assez figés, qui flirtent avec une innocence, une forme de pureté. Des âges enfermés dans des idéaux, dans une drôle d’ignorance. Ce qui nous donne des personnages qui évoluent brutalement car souvent soumis à leurs pulsions et qui se découvrent. Et je trouve intéressant les personnages qui, comme dans 30 Secondes de Bonheur , se révèlent et comprennent leur vraie nature, leur caractère. - Page blanche, à vous de jouer ..... Que dire... Je dis souvent que nous sommes tous victimes du rêve des autres. Alors je profite de cette interview pour remercier tous les gens qui cette année ne se sont pas méfiés du mien.Le making of du court métrage30 secondes de bonheur __

MAKING OF - 30 SECONDES DE BONHEUR - GUILLAUME...par MobileFilmFestival

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.