La comédienne Anémone est décédée ce mardi 30 avril à l'âge de 68 ans, des suites d'une "longue maladie", selon son agent.

La comédienne est morte à l'âge de 68 ans.
La comédienne est morte à l'âge de 68 ans. © AFP / GEORGES BENDRIHEM

Celle qui avait toujours voulu être actrice avait débuté avec la troupe du Splendid, avant de se lancer au cinéma avec Coluche dans Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine, sorti en 1977.  Anémone, de son vrai nom Anne Bourguignon, avait interprété Thérèse dans Le père Noël est une ordure (1982). Certains dialogues de l'actrice étaient devenu culte, comme : "C’est fin, c’est très fin, ça se mange sans faim !"

Au théâtre jusqu'en 2017

Avec sa voix aigrelette et sa gouaille, Anémone enchaîne les rôles dans des comédies à succès comme Viens chez moi, j'habite chez une copine et Ma femme s'appelle reviens de Patrice Leconte ou Pour cent briques t'as plus rien d'Edouard Molinaro.

En 1987, la comédienne nous avait touchés avec son rôle dans le Grand Chemin. Son rôle dans le long-métrage de Jean-Loup Hubert  lui a permis de remporter le César de la meilleure actrice l'année suivante.

En 2017, elle jouait encore au théâtre, avant de décider de prendre sa retraite. Anémone est décédée à Poitiers à l'âge de 68 ans, quelques jours après la mort d'un autre acteur, Jean-Pierre Marielle.

Engagée à gauche

Cette écologiste de la première heure a été porte-parole de l'organisation altermondialiste Attac. Elle confiait également, ces dernières années, son malaise en tant que comédienne, sa notoriété ayant toujours représenté un poids : "Être populaire, c'est pénible. Mais qu'on me lâche le pull !" 

Elle s'était fâchée avec la troupe du Splendid, pour des "histoires d'argent", mais aussi de manière plus générale avec le "métier". Selon elle, l'artistique ne devait pas être plus important que sa promotion. Elle l'a clamé quand elle a pris sa retraite en 2017 : elle ne voulait pas être "vendeuse de films ni de pièces de théâtre".

Sa fâcherie qu'elle disait "définitive" avec ceux qui l'ont vue débuter, n’empêche évidemment pas les hommages.

"C’était une sorte de génie brut de la comédie", a confié Michel Blanc sur RTL. "Quand je l’ai connue c’était une beauté, une sorte d’Arletty, elle avait cette puissance comique, très séduisante et très folle, elle a toujours été très folle"

Sur France Inter, Patrice Leconte, qui l'a dirigée dans Viens chez moi j'habite chez une copine et Ma femme s'appelle reviens, salue la disparition d'une femme qui ne laissait pas indifférent. 

"J'aimais Anémone parce qu'elle n'était pas banale. Elle était barrée, fêlée, hirsute, azimutée ; tout ce que vous voudrez, mais c'est une femme formidable parce qu'elle avait au fond d'elle-même, chevillé en elle, cette joie de jouer la comédie et ça c'est une joie qu'on pourra jamais lui retirer. Et puis elle continuera à tricoter des pulls en serpillière pour Thierry Lhermitte dans Le Père Noël est une ordure."

Elle continuera à être cette femme barrée qu'on a aimé

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