Je l’avoue, j’ai un faible pour la musique de film. Depuis toujours ! Même si un film sans musique ne me dérange absolument pas : je me souviens avoir hautement apprécié l’absence de toute intervention musicale dans « Les Blessures assassines » de Jean-Pierre Denis. A contrario, une chanson, un air, un morceau peuvent à mes yeux sinon « sauver » un film du moins lui accorder le bénéfice d’un doute. Récemment, je n’ai guère apprécié « Slumdog Millionnaire », mais le final bollywoodien dansé et « en-chanté » m’a laissé comme un goût de bonheur de vivre dans les oreilles. Il faudrait citer Georges Delerue, Michel Portal, Philippe Sarde, Michel Legrand, Michael Nyman, Martial Solal, Tindersticks (ah ! la BO de « Trouble every day »… !). Quand Danielle Darrieux dans « En haut des marches » de Paul Vecchiali chante la chanson de ce film superbe, je craque. Idem quand Delphine Seyrig, la fée des Lilas, donne les meilleurs conseils du monde policé à Peau d'âne-Catherine Deneuve. Idem encore quand les hélicoptères d’ « Apocalypse Now » font tourner leurs pales au rythme entêtant de « The End » des Doors. Idem toujours, et peut-être même à la puissance 10, quand régulièrement, par hasard ou non, le morceau que Stéphane Grappelli composa spécialement pour « Les Valseuses » de Bertrand Blier me revient aux oreilles, telle une sarabande joyeuse et parfaitement désespérée.Dans un précédent album, le violoniste éclectique Laurent Korcia avait déjà rendu un hommage à cette partition de Grappelli. Il la reprend dans un nouveau CD intitulé « Cinéma ». Nous l’avions d’ailleurs invité à l’émission de vendredi dernier pour jouer aux côtés d’Alex Beaupin. Violon, piano, musique, cinéma en studio et en direct. On se réjouissait d’avance. Mais finalement, Korcia n’a pas souhaité venir. C’est… ballot ! On aurait aimé l’entendre reprendre les thèmes de Rota, Schifrin, Mancini, Williams qui figurent, entre autres, au sommaire d’un album à la laide et prétentieuse pochette mais au contenu passionnant. Korcia revisite avec intelligence des thèmes souvent très populaires. Une mention spéciale pour la reprise d’« Un jour, mon prince viendra » chanté par Camille et celle de l’un des nombreux morceaux de « In the mood for love ».Heureusement, Alex Beaupin et son blues doux-amer, l’auteur-compositeur des « Chansons d’amour » notamment, ne nous a pas fait faux-bond emplissant le studio de son univers et de ses couleurs automnales. On lui sera éternellement reconnaissant pour cet exercice périlleux au beau milieu de l’après-midi, sommairement préparé et répété a minima. Il a parfaitement joué le jeu. Je sais que des oreilles bénévoles ont apprécié ce beau moment de musique et de cinéma mêlés qui s’est terminé en toute beauté par une belle appropriation de la chanson d’ « India Song » écrite par Carlo d’Alessio pour le film de Marguerite Duras. On peut (ré)écouter ? Franceinter.com est fait pour ça !La phrase du jour ? « Il y a des films mythiques que j’ai aimés avant de les avoir vus ! « L’Age d’or » de Bunuel est le plus emblématique et après l’avoir vu, je n’ai pas été déçu. » André S. Labarthe

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