Portal, Sarde, Legrand, Grapelli, Delerue, Gainsbourg, Aïgui, Demarsan, De Roubaix, Jansen, Solal,…Quelques noms de musiciens français aimés et compositeurs talentueux de musiques de films. Les vacances sont une bonne occasion de prendre le temps d’écouter vraiment des bandes originales stockées depuis des années. Ne pas voir de films, écouter des musiques de films. Ce pourrait être une bonne approche. Quelle que soit la façon dont j’imagine ma cinéphilie, elle ne peut être qu’amoureuse et… musicale. Il m’arrive de préférer une musique au film dont elle est issue ! Le film alors ne fait pas écran à mon plaisir, preuve que la musique de film n’est pas un genre mineur. Il m’arrive bien plus souvent d’aimer sans réserve la musique d’un film tout autant aimé. Il évidemment plus facile, surtout maintenant avec nos machines à musique totalement nomades, d’écouter dix fois de suite une BO que de revoir un film. Les conditions ne sont pas les mêmes. Là, en vous écrivant, j’écoute celle de « La Petite chartreuse » écrite par Michel Portal. Il me serait impossible de le faire en regardant le film de Jean-Pierre Denis ! Cela fait plusieurs jours que la superbe ballade mélancolique écrite par Philippe Sarde pour le film de Jacques Rouffio, « Violette et François » me trotte dans la tête. Plusieurs jours par conséquent que je « revois » Jacques Dutronc faisant tout et n’importe quoi pour séduire Violette, par la magie de la seule musique et des images qu’elle fait renaître en moi. Et comment, autre exemple parmi cent autres, ne pas tomber sous le charme définitif du morceau écrit par Stéphane Grapelli pour Bertrand Blier et ses « Valseuses » ? Peut-être pourrait-on dire que la musique d’un film, c’est souvent un peu plus que de la musique et un peu moins que du cinéma proprement dit… Rappelons au passage que le musicien est avec le scénariste et le réalisateur le troisième « auteur » d’un film. Statut à part. Statut spécifique. Statut de pleine reconnaissance. La musique comme création aux côtés de l’écriture et de la mis en scène, quoi de plus normal après tout ?Est-ce tricher que d’évoquer ainsi la musique des films quand on est en plein sevrage cinématographique ? Non, c’est au contraire l’occasion de voir ce qui, à part le cinéma, fait image. Sans en conclure que le cinéma est partout. Mais en prenant acte de sa présence quotidienne. A travers des mots, des sons, des musiques, des couleurs, des gestes. Penser au cinéma dans la vie, c’est lui redonner du sens. Les films, disait Jean Renoir, se poursuivent dans la tête de chaque spectateur. C’est précisément cela qui fait le prix de tout ce qui peut au cours d’une journée « normale » nous ramener au cinéma par des associations sonores, visuelles, sentimentales affectives.Ah ! ça ira !La phrase du jour ?« Apprendre encore et toujours. Jusqu’au bout. C’est le sel d’une vie. »Edmond Rostand, « Découvertes »

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