Balayant la crise financière et autres billevesées de second ordre et de moindre importance, la nouvelle est tombée dimanche grâce au journal du même nom : le livre secret dont tout le monde parlait en France, soit entre le boulevard Saint Germain et la rue du Dragon (à pied, une minute trente en prenant son temps quand même, hein) va sortir prochainement. Fin d’un suspense insoutenable, c’est BHL (Bernard-Henri Lévy) et MH (Michel Houellebecq) qui dialoguent. Non ? Si ! Non ? etc. C’est à la fois renversant et abyssal (ce qui en soi n’est pas facile à réaliser dans l’espace… essayez un peu pour voir… eh, oui…). Evidemment, je laisse à d’autres le soin de vous parler littérature, le cas échéant… Mais côté cinéma, j’ai un scoop, car il ne vous aura pas échappé que ce qui rassemble vraiment, profondément, indéfectiblement, pour le pire et pour le pire, BHL et MH, c’est qu’ils ont signé chacun l’un des cinquante plus gros nanars du cinéma français. Ce qui leur permet de nouer un dialogue au sommet, un peu comme si Maurice Cloche, le réalisateur de "Touchez pas aux blondes", avait rédigé un livre avec Philippe Clair, le cinéaste de "Par où t'es rentré, on t'a pas vu sortir ?". Pour MH, « La Possibilité d’une île » reste encore dans toutes les têtes (toutes, n’exagérons pas, le film a battu le record de fauteuils vides dans les salles françaises la semaine dernière). Et pour BHL ? Comment il n’a jamais tourné de film ? Mais si, souvenez-vous, ce jour de 1996 où vous êtes entré dans une salle de cinéma par inadvertance en vous trompant de porte. Mais, oui, vous y êtes, c’est là que vous avez vu « Le Jour et la nuit » l’impayable machin de BHL avec son épouse dans le rôle principal et Alain Delon et une montgolfière aussi. Ah ! quelle belle tranche de rire. Et c’était bon de rire un peu en 1996, non ? Or, donc, j’ai obtenu en douce un extrait du dialogue entre ces deux géants du cinéma contemporain aux côtés de qui Welles et Visconti sont des ectoplasmes tout juste bons à faire des courts métrages à la Fémis.Imaginez, c’est le soir, la lumière est tamisée, BHL est assis dans un Voltaire avec à ses côtés, langoureusement allongée Arielle D. qui boit ses paroles. MH, lui, est vautré dans une poire type années 60 de couleur orange, son chien façon Milou lui mordillant les chaussettes avec application. Et le premier dit au second : Quoi vous y avez cru ? Mais non, enfin, je n’ai aucune des bonnes feuilles de ce livre-événement germanopratin. Je suis comme vous impatient de le lire. Ce n’est pas tous les jours que deux immenses théoriciens-praticiens du 7ème Art acceptent de nous délivrer un peu de leur expérience et de leurs savoirs. Pourvu qu’ils nous parlent longuement de leur film respectif, c'est tout le bonheur que je nous souhaite. Parce qu’en 2008 aussi, après tout, c’est bon de rire un peu, non ? Voire même énormément !

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