Les Parisiens ont bien de la chance : jusqu'au 4 août, ils peuvent découvrir à la Cinémathèque la plus belles des expositions du moment, celle consacrée à Jacques Demy. On y entre comme dans un vaste appartement, avec pour chaque pièce un film différent avec ses couleurs, ses teintes, son atmosphère. On y entre avec la certitude d'être en terre connue, aimée, admirée. Pour tout dire, on s'y sent chez soi. Il faut peut-être se méfier de cette impression-là qui consisterait dans les faits à ne plus rien attendre de Jacques Demy. Et ce serait triste alors. Mais non, le Demy monde, on en fait jamais le tour. On redécouvre à chaque fois tel territoire insolite, telle mer intranquille, telle campagne faussement paisible. Et c'est vrai dès la première pièce de ce vaste appartement où les dessins du jeune Jacquot de Nantes viennent éclairer le cinéma qui s'ensuivra. Au même titre qu'une influence de Cocteau que "Peau d'âne" un jour viendra faire flamboyer plus encore. Et puis ailleurs, dans une autre pièce, on tombera presque par hasard sur une photo où Demy et Truffaut rient comme deux enfants. On donnerait cher pour savoir ce qu'ils se disent alors, ce qui les fait rire aussi joyeusement. On songe alors que la "chambre en ville" était "verte", par une drôle d'association d'idées et de titres de deux films qui brillent étrangement dans les filmographies de Jacques D. Et François T.. On vagabonde, quoi, dans cet appartement où l'on finit par se perdre en revenant sur ses pas précisément pour n'en rien perdre. Car on ne sait pas encore qu'un bel objet rattrapera les visites trop rapides et surtout vengera celles et ceux qui ne pourront visiter l'appartement-témoin du génie de Demy : un livre, qu'on appelle sottement un catalogue. Un livre édité par Flammarion et qui donne à voir l'exposition. Tout y est ou presque, sauf évidemment que les robes couleurs du temps n'y sont pas grandeur nature. Quoi de neuf alors ? Décidément Demy.

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