Nouveau rangement. C’est peut-être la saison qui veut ça. Mais quoi de plus excitant que ces retrouvailles avec des « objets » que l’on croyait disparus, oubliés ou perdus à jamais, alors qu’ils dormaient au fond d’un tiroir ou derrière une étagère encombrée. Le secret d’un rangement totalement réussi ? le faire à deux pour partir dans des chemins de traverse ! un CD retrouvé et c’est l’envie immédiate de l‘écouter et surtout de le faire écouter. Il en va de même pour un DVD. Quant au livre, il incite à la relecture prochaine ou, pourquoi pas, à la lecture d’un extrait à haute voix. Et je ne parle pas ici d’une lettre en forme de proposition faussement oubliée, elle, parce que soigneusement rangée, mais relue vraiment avec bonheur. Ainsi va le rangement du jour férié : vagabond et gourmand. Quoi qu’il en soit, je tombe par hasard sur la BO de « A bout de souffle » et quelques autres films dont les partitions furent écrites par le génial Martial Solal. Dont « Le Procès » d’Orson Welles. Pur bonheur de jazz que certains trouveront datés. A tort. Solal invente pour le couple Seberg-Belmondo la plus belle des mélodies, douce et tragique à la fois, à la parfaite hauteur de leur histoire-éclair. Par ailleurs, les rythmes syncopés du musicien font des merveilles quand il s’agit d’être au diapason des scènes d’action. Godard filme dans l’urgence et Solal compose de même. La rencontre est parfaite, juste et totalement synchronisée. La musique de Solal raconte une histoire, comme le fait le film de Godard, mais ce n’est pas forcément l’essentiel qui tient plutôt à la lumière, aux visages, au corps nus dans une chambre d’hôtel, aux regards échangés,…Autrement dit, la musique de Solal accompagne « A bout de souffle » sans jamais le paraphraser ou le caricaturer. Le vrai-faux dandysme de Belmondo et le charme de Seberg sont inclus dans les notes de Solal. C’est cela qu’on doit appeler une BO réussie. A juste titre !La phrase de la fin d’après-midi ?« Constant ne trouvait plus ses mots. C’est son inspiratrice qui lui manquait plus que l’inspiration. »François Liger, « La liste vide »

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