« Fish tank », ce matin donc, réalisé par la britannique Andrea Arnold dont on avait découvert à Cannes en 2006 le premier long métrage « Red Road » couronné par le Prix du Jury. L’essai est manifestement confirmé et il faudra désormais compter avec cette réalisatrice qui se situe résolument dans une veine « loachienne » (je vous l’accorde, ce néologisme n’est guère joli, dans le droit fil de Ken Loach donc !) sans pour autant renoncer à exprimer une sensibilité spécifique. Durant deux heures, on a suivi ce matin quelques jours essentiels dans la vie de Mia, une adolescente de 15 ans, aussi rebelle dans sa vie quotidienne que passionnée de danse. Sa rencontre avec Connor, l’amant de sa mère, prend une dimension inattendue… Pas un mot de plus sur le pitch.Sinon que la cinéaste à aucun moment ne joue à la dérobade pour traiter son sujet : le moment de vérité d'une adolescente aux abois.C’est quoi le cinéma anglais ? Le film d’Arnold est le second film britannique que nous voyons après « Looking for Eric » déjà vu à Paris. Oui, c’est quoi le cinéma anglais de 2009 ? D’abord un cinéma sur l’Angleterre ! Les deux pieds dans la glaise britannique, celle des banlieues industrielles sans âme opposées aux quartiers résiudentiels plus (chez Loach) ou moins (chez Arnold) chics. L’œil rivé sur uen famille anglaise en pleine décomposition : un père célibataire chez Loach, une mère célibataire chez Arnold. Et à chaque fois des enfants au mal de vivre alarmant. Dans « Fish tank », ce qui impressionne, c’est un sens affirmé de l’histoire et de la narration, un tempo qui alterne lenteur (relative) et vivacité (revendiquée). Pas l’ombre d’un pathos hors de propos dans ce portrait d’une adolescente qui suscite autant d’empathie nque d’antipathie. Son propos n’est pas de nous séduire mais de nous regarder en face. Et de façon très redoutable grâce au jeu nd ela jeune actrice qui incarne Mia, Katie Jarvis dont c’est le premier film. Si je voulais faire le malin, je vous dirais « notez bien ce nom, vous en entendrez parler lors du palmarès pour le prix d’interprétation féminine ». Arrêtons les supputations prématurées et donc ridicules. Mais, oui, Katie Jarvis est sidérante dans ce film. Second film vu, second film de très grande qualité. Stop ou encore ? Encore !La phrase du jour ?« Beethoven était sourd » Thierry Fremaux, délégué général du Festival, 14 mai 2009, 8h00, sur le studio de Radio France, citant le cinéaste borgne André de Toth, en découvrant mon œil droit !

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