J’ai récemment et devant témoins refusé de tenir le pari que me proposait un ami journaliste : placer dans nos chroniques radiophoniques respectives le plus grand nombre de fois le verbe « Regimber » et ce jusqu’au 5 mai prochain (pourquoi cette échéance-là et pas une autre ? Parce que !). Si j’ai fait à cet ami l’outrage de lui refuser ce petit jeu sans conséquence, c’est que je respecte trop l’auditeur pour le prendre ainsi en otage. J’entends déjà les murmures d’incrédulité monter sur vos lèvres. Vous avez du mal à me croire et vous auriez plutôt envie de me traiter de dégonflé. Non, tant pis, je persiste et je signe, mais ce « regimber » aurait fini par faire suspect aux oreilles bénévoles de celles et ceux qui nous écoutent.Et ce d’autant plus qu’il se serait agi pour moi de le faire chaque samedi et chaque dimanche matin à 6h20 très précisément lors des chroniques DVD dont j’ai la charge jusqu’à la fin du mois de juin, en remplacement de Stéphanie Fromentin qui œuvre à la bonne santé des chiffres de la démographie française, ce dont on ne peut que la féliciter. Oui, vous avez bien lu, lesdites chroniques (intitulées « Intime projection ») sont diffusées à une heure… précoce de la matinée. Cet horaire m’a posé quelques problèmes, je dois bien l’avouer. De réveil d’une part (5 heures quand même, c’est… revigorant…) et plus encore quelques vibrantes interrogations du genre « Mais à cette heure-là qui écoute ? ». Question germanopratine à n’en pas douter, les chiffres d’audience étant là pour prouver l’inanité de la problématique en question. Mais, voilà, je n’ai pas eu le courage de faire le malin en catimini et de multiplier à cette heure les « regimber » en tous genres. Ces auditeurs du matin, ils m’impressionnent ! J’ai l’impression que j’ai à leur égard un double devoir parfaitement antinomique et inconciliable : s’ils sont prêts à rejoindre leur lit, il me faut convoquer doucement Morphée et les accompagner en toute légèreté dans ses bras voluptueux. S’ils se réveillent, alors je dois doucement mais fermement leur montrer les merveilles du jour à venir. Bref, il n’y a vraiment pas de place pour la … « regimbe » dans tout cela ! On prendra pari une autre fois.La phrase du soir ?« L’inquiétude, c’est comme un intérêt payé par avance sur une dette qui n’existera pas. »Extrait du scénario de « La Prisonnière espagnole » écrit et réalisé par David Mamet

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