de Paul Thomas Andersonavec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams et Laura Dern

Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui…Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

Pour son sixième film, Paul Thomas Anderson s’est intéressé à la naissance d’un nouveau genre de famille recomposée à la suite des bouleversements causés par la Seconde Guerre mondiale : les factions spirituelles alternatives et les nouvelles religions. De l’ascétisme oriental à la dianétique, le début des années 1950 a été marqué par la création de nombreuses communautés populaires dédiées à la réalisation des grandes idées sur le potentiel humain. "Cette époque de bouleversement culturel et d’audace spirituelle était un excellent point de départ pour une histoire. On pouvait ainsi aborder les bonnes intentions qui sous-tendaient cet élan, et ce qui a incité les gens à vouloir se réinventer pour changer le monde autour d’eux. L’après-guerre fut une période de foi aveugle en l’avenir, mais les gens portaient également sur leurs épaules le poids des atrocités de la guerre. "Paul Thomas Anderson poursuit : "Mon père a vécu la Seconde Guerre mondiale et il a du coup été angoissé toute sa vie. La période qui suit une guerre est particulièrement propice pour créer un mouvement spirituel ou une religion. Après avoir été témoins de tant de morts et de tant de destruction, les gens s’interrogent sur les raisons de tels événements et sur l’existence d’une vie après la mort. Ce sont deux questions fondamentales. "Le réalisateur a lu énormément de livres, depuis John Steinbeck jusqu’à L. Ron Hubbard, mais, reconnait-il, "à moins de faire un documentaire ou un film biographique, la frontière entre la recherche et l’imagination a tendance à devenir floue. "En effet, au fil des multiples évolutions du scénario, l’imagination a pris le pas sur la réalité et la Cause a pris la forme d’une entité à part entière, une famille au sens large. Dans chaque scène, les personnages principaux oscillent entre rivalité et amour, désir et confusion.

Paul Thomas Anderson et Joaquin Phoenix
Paul Thomas Anderson et Joaquin Phoenix © MMXII par Western Film Company

A propos des acteurs "Lorsque je travaillais sur le scénario, je n’arrêtais pas de penser à Joaquin (Phoenix) pour le rôle de Freddie. Cela fait 12 ans que je lui demande de jouer dans mes films mais il a toujours eu une raison de refuser. Je suis simplement reconnaissant qu’il ait accepté cette fois-ci. "

"Phil (Seymour Hoffman) et moi sommes sans arrêt à la recherche de projets qui nous permettraient de continuer à travailler ensemble. Nous avons collaboré pendant l’écriture du film, et sa contribution a été majeure. "

"Amy (Adams) est parfaite, que ce soit dansArrête-moi si tu peux,Il était une fois...ouFighter. Elle fait partie des meilleures actrices de sa génération. Phil a travaillé avec elle à de nombreuses reprises et l’apprécie beaucoup, le choix était donc évident. Comme pour Joaquin, je suis ravi qu’elle ait accepté le rôle. "

L'anecdote pour le cinéphile Paul Anderson a choisi de tourner The master en 65 mm, un format aujourd’hui extrêmement rare, ce qui a immédiatement influé sur l’aspect visuel du projet. Dès le début, le réalisateur a souhaité instaurer une ambiance d’époque marquée. Après s’être immergé dans la richesse des couleurs et des textures de grands classiques des années 1950 tels que Sueurs froides et La mort aux trousses d’Alfred Hitchcock, il espérait reproduire cette sursaturation luxuriante en y incorporant sa touche de lyrisme. Le format 65 mm semblait idéal pour une histoire couvrant un large spectre pictural allant de scènes sur une mer déchaînée, au jeu d’ombres et de lumière au sein même les personnages."Ce format donne une image d’une netteté fantastique, mais au-delà de la résolution ou de toute considération de cet ordre, il semblait simplement idéal pour cette histoire et ces personnages. Les objets semblaient anciens sans avoir l’air d’être surannés ou de faire partie d’une reconstitution d’un style particulier. Il m’est difficile de le décrire autrement qu’en disant que tout paraissait naturel. "

Il fut un temps où le 65 mm était considéré comme le meilleur des formats de pellicule dans l’industrie du cinéma. Aujourd’hui, il n’est quasiment plus utilisé que pour la réalisation de films IMAX ou autres très grands formats.

Philip Seymour Hoffman
Philip Seymour Hoffman © Metropolitan FilmExport

La musique C’est Jonny Greenwood, le guitariste et compositeur de Radiohead qui a signé la musique originale du film. "J’ai été séduit par l’optimisme de l’époque : ce gourou charismatique, la notion selon laquelle il y avait de nouvelles méthodes pour guérir les « malades », et tous ces adeptes enthousiastes. Il y a quelque chose d’attachant dans la présence de tous ces êtres aux origines d’une ère nouvelle et étrange. Et puis au milieu de toute cette agitation se trouve Freddie, dubitatif, essayant de comprendre ce qui se passe. "

Jonny Greenwood et Paul Thomas Anderson se sont inspirés de la musique d’Otto Luening, qui, dans les années 1950, fut l’un des pionniers de la musique électronique, découvrant des sons inédits en s’amusant avec des bandes magnétiques et des micros. Jonny Greenwood poursuit : "Une partie de la musique du film a été enregistrée grâce à une technologie similaire, en jouant avec la vitesse des bandes, le sens de défilement et d’improbables techniques de micro. " Le compositeur a également puisé son inspiration dans le jazz des années 50 et la musique classique. Il explique : "Il y a des sonorités qui ressemblent un peu aux trios de jazz sans piano de l’époque – mais elles empruntent également aux procédés davantage utilisés par les compositeurs classiques de cette période. "

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.