« Hunger » donc, le film de Steve McQueen sur le destin de Bobby Sands le militant de l’IRA qui se laissa mourir de faim dans un prison britannique pour protester contre la politique de Thatcher.

Michael Fassbender dans "Hunger"
Michael Fassbender dans "Hunger" © Radio France

Michael Fassbender dans "Hunger"
Michael Fassbender dans "Hunger" © Radio France
Pourquoi mon malaise devant ce film incontestablement réalisé par un homme d’images, un cinéaste ? Ce qui nous est ici montré, c’est un saint et un martyr, du début jusqu’à sa fin, depuis les allures d’ermite barbu jusqu’aux stigmates du corps supplicié par la faim et l’esprit de résistance à tout prix. Soit, le parti pris est tenu sans défaillance. Vient alors ce plan d’un lit immaculé, saturé de blancheur innocente, sur lequel une plume (d’ange évidemment) vient se poser, peu avant la mort de Sands. Ce n’est plus du tout un évangile, c’est carrément Saint Sulpice. A quoi cela rime-t-il ? Pourquoi tomber dans cette imagerie-là ? Et puis, allons-y carrément, martyr d’accord mais Saint, vraiment ? Face à la Dame de Fer, l’IRA n’était pas une bande de petits saints. On est en droit d’être exigeant en retour avec le regard de McQueen, dès lors que ce dernier demande beaucoup à son spectateur. Et de songer alors à Godard : « Il faut regarder une image avec le même engagement qu’une radio de ses poumons. » Je m’y emploie. C’est à cette aune aussi qu’il faut regarder « Les Trois singes », le nouveau film du Turc Nuri Bilge Ceylan ( « Uzack » et « Les Climats », pour mémoire). Je m’y emploie bis. Et pourtant l’ennui rôde. Un femme, son mari et leur fils : la tension monte sans jamais dépasser le stade d’un formalisme glacé et finalement glaçant. Où est donc passée la corde vibrante des « Climats » ? A 19h30, le regard godardien vacille, fatigué. Au programme, « Vicky Cristina Barcelona ». De qui ? De Woody ! Mister Allen est de retour à Cannes. Mais toujours hors compétition : c’est ça ou rien, a-t-il expliqué une bonne fois pour toutes. Après avoir achevé sans gloire un cycle londonien qui avait si bien commencé, c’est Woody « Almodovar » Allen que l’on découvre un peu ébahi. A Barcelone, le peintre Javier Bardem drague ouvertement deux Américaines en goguette dont Scarlett Johansson, sans pouvoir tout à fait oublier la femme-tornade de sa vie dont il est séparé : Penélope Cruz. Entre ces quatre-là, les jeux sont faits, rien ne va plus. Woddy s’amuse, multiplie les clichés espagnols et les situations scabreuses. C’est du grand n’importe quoi et du tout-plaisir immédiat. Scarlett roulera-t-elle une pelle à Penélope ? vous le saurez en allez voir « Vicky Cristina Barcelona » sur vos écrans à l’automne 2008. En pendant ce temps, toute l’équipe du film de Desplechin, « Un conte de Noël » (FI) faisait à juste titre la fête dans une somptueuse villa sur les hauteurs de Cannes.

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