Ayant déjà dit ici ce que je pense du film de Laurent Tirard, « Le Petit Nicolas », je ne résiste pas au plaisir (un peu pervers, d’accord) de citer d’excellents confrères, ceux dont la prose inspirée a été retenue par le distributeur du film pour enjoliver ses affiches, et notamment « Madame Figaro » qui ose un « Drôlement chouette » vachement sympa et pas du tout démago, « Le Journal du Dimanche » qui émeut avec cette belle formule si profonde et si vraie : « L’émotion n’a pas d’âge » ou bien encore « Le Journal de Mickey » qui manie le jeu de mots farceur avec maestria : « Un film géant ». Remarquez que tout cela n’est rien comparé à l’avalanche d’« un film sobre » qu’a entraîné le film « Le Dernier pour la route » sur l’alcoolisme…« Le Petit Nicolas » caracole en tête des entrées depuis sa sortie mercredi. Et sans l’once d’une hypocrisie, je m’en réjouis. Le système « Robin des Bois » du cinéma français (une part des recettes des films qui marchent aideront d’autres films à se faire) rend tout succès bénéfique de ce point de vue. Pour faire suite à notre émission de vendredi, c’est un excellent cas de figure d’une sortie très commerciale et très préparée à laquelle il est bien difficile d’échapper. En aval, le film s’impose d’abord en trustant près de 15% des écrans avec 600 copies environ. En amont, c’est un budget global de communication de 2 millions d’euros, soit 10% du prix de production du film. L’offensive du général Nicolas a commencé l’hiver dernier avec une première bande-annonce dans les salles pour alerter les bébés et les autres ! Vint le printemps avec une nouvelle bande-annonce, une expo parisienne et à succès, un nouvel album avec des histoires inédites tiré à 350 000 exemplaires (accompagné chacun par un dépliant promotionnel du… film !). L’été enfin arrive et le rouleau compresseur de se mettre réellement en marche en multipliant les partenariats avec un éditeur scolaire de cahier de vacances, des boissons pour enfants, un papetier, une chaîne de restaurants carnivores, une marque de vêtements, etc. Le Petit Nicolas à toutes les sauces. Pour avoir côtoyé les héritiers Goscinny et mesuré à l’époque leur attitude pointilleuse voire vétilleuse quant à l’utilisation de l’œuvre paternelle, je constate comme un léger relâchement dans la gestion ! Manifestement, tous ces partenaires ont lieu d’être satisfaits : ils ont misé sur le bon filon.Vous savez quoi ? Il y aurait du « Petit Nicolas » 2, 3, 4, 5 et 6 dans l’air que je n’en serai pas plus étonné que cela. Et puisqu’on voit le choriste Gérard Jugnot dans le premier, pourquoi pas une apparition du Ch’ti Dany Boon dans le second ? C’est une bonne idée promo, non ? Nicolas dans les corons, pourquoi pas ?Je songe juste à Sarah Leonor dont « Au voleur », le premier et superbe premier film est sorti le même jour dans une trentaine de salles, sans bande annonce, sans affiche et avec, sauf erreur de ma part, deux publicités dans « Libération » et rien d'autre. Des poids et des mesures…Ah ! ça ira !La phrase de l’après-midi ?« Par vivre, je n’entends pas se trouver ensemble, sans se battre ; j’entends se plaire ensemble, s’aimer, commercer avec plaisir. »Nicolas de Chamfort, « Maximes et pensées, caractères et anecdotes »

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