Tout ça pour ça, tant de bruit pour rien, etc…on imagine déjà les commentaires qui vont envahir les médias et la toile après l’annonce de la libération de Roman Polanski sur une décision de la justice suisse, avec l'accord des autorités politiques suisses qui ne feront pas appel de cette décision. Avec, cerise sur le gâteau suisse, un ouragan de conditions financières et juridiques dignes de Tartuffe. Et pourquoi ne pas mettre les fers aux pieds de Polanski et l'enchaîner ainsi à son lit tant qu'on y est ? Quoi ? tant de proclamations vertueuses et indignées pour en arriver là ? on en reste pantois ! Enfin, souvenons-nous, il était indispensable juridiquement et surtout moralement de priver de liberté et de juger dans la foulée un délinquant sexuel de première importance. Un jour, la justice helvète emprisonne au nom de la morale, le lendemain elle libère, au nom de quoi au fait ? Au nom du droit assurément. Un jour, le droit commande de poursuivre l’infâme violeur jusqu’à la nuit de temps. Le lendemain, ce même droit ordonne la libération sans condition d’un présumé innocent. Un jour les autorités suisses justifient l'embastillement, le lendemain elle donne raison à l'élargissement Ce n’est pas toujours facile de faire parti du camp de la Vertu et du Droit à ce compte-là. Quoi ? on peut ainsi, en si peu de temps et sans même l'ombre d'un procès, dans le même cadre juridique, être frappé d’indignité et puis être blanchi ? Sale temps pour les idées simples. Sale temps pour le droit au canon des médias et de l’opinion terrorisante. Sale temps vraiment pour cette justice –girouette. Mais que voulez-vous, le droit s’applique intégralement ou ne s’applique pas. C’est agaçant de devoir passer sous les fourches caudines de la loi écrite, alors qu’il serait si simple de faire tourner la plume et le goudron avant de passer la corde au cou du coupable à vie Polanski. C’est toujours rafraîchissant de se retrouver presque au bon vieux temps du Klan !Enfin, ce soir, si j’étais dans la peau d’un juge helvète notamment, je ferais profil bas, histoire de faire sentir que le déchaînement d’une tempête médiatique et sa transformation en soufflé dégonflé me cause quelque souci moral. Et si, au départ de toute cette affaire montée en épingle par un juge américain en pré-campagne de réélection, les Suisses avaient continué de faire ce qu’ils faisaient depuis des années : foutre une paix royale au cinéaste lors de ses nombreux déplacements dans ce pays où il réside en partie ? Et si les Suisses n’avaient pas soudainement plié devant une décision fédérale américaine dans le cadre de je ne sais quelle magouille ou marchandage honteux ?Ah qu’il est amer le petit goût dans la bouche de la vertu à géométrie variable, de l’indignation en forme de « un coup, je te vois, un coup je ne te vois plus » ! Ce pétard mouillé devrait au moins servir d’exemple. Ce ne sera pas le cas, hélas.Ah ! ça ira !La phrase du jour ?« Ne mangez pas l’enfant dont vous aimez la mère »Victor Hugo, « L’Ogre »

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