Mon excellent confrère Vincent Josse évoque avec raison la belle mémoire de Jean-Louis Bory l’amoureux de la vie et du cinéma dont l’annonce du suicide m’avait fait pleurer. On me dit que François Morel et Olivier Broche préparent précisément pour la future saison théâtrale un spectacle composé de morceaux choisis des splendides échanges entre Bory et son double opposé Georges Charensol lors du « Masque et la Plume ». C’était du temps où les mots « Droite « et « Gauche » avaient un sens pour tout un chacun. C’était un temps où se faire traiter de « réac » relevait de l’injure pure et simple. C’était un temps où l’on jugeait les films aussi sur ces critères politiques : personne à gauche, en ces temps reculés, n’aurait alors défendu « Juno », cette petite bluette bien pensante qui nous vante les mérites de la maternité dès l’adolescence pour éviter coûte que coûte le péché d’avortement… Bref, un temps à ne pas mettre nos petits compromis d’aujourd’hui dehors. Pas un temps de brouillard et de brouillage, quoi !On se pourlèche d’avance nos babines de spectateurs : retrouver la verve de Bory et Charensol sur scène quelle formidable idée ! Je relis pour l’occasion les extraits de certains de ces échanges publiés par les éditions des Arènes. C’est drôle, spirituel, méchant souvent, bête parfois, caustique toujours et surtout d’une liberté totale. Bory, Charensol et quelques autres font leur numéro avec bonheur. C’est promis, demain je vous sors quelques perles issues de ces dialogues où la mauvaise foi est reine. Pour l’heure, il est trop tard.Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Exténué de nuit Rompu par le sommeil Comment ouvrir les yeuxRéveil-matinLe corps fuit dans les draps mystérieux du rêveToute la fatigue du monde.Aragon, « Lever »

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