« Dominique Varaigne est née le 11 mars 1951 à Paris. Elle fait ses études à Saint-Vincent-de-Paul où elle reçoit une éducation très stricte. A quinze ans, pour échapper à son milieu conventionnel, elle se marie et devient modèle après un court passage à l’Ecole des Beaux-Arts. C’est dans « Vogue » que Bresson la remarque et l’engage en 1968 pour « Une femme douce ». En 1976, elle conait un succès international avec « Le Jardin des Finzi Contini » Vittorio de Sica et, en 1976, obtient pour son rôle dans « L’Héritage » de Mauro Bolognini le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. » Ainsi commence la notice que consacre le précieux "Dictionnaire des acteurs de cinéma" (éditions Tournon) à Dominique Varaigne, pardon Sanda… pseudo oblige. Il faudrait ajouter qu’à ce jour, elle a également tourné sous la direction de Bertolucci, Huston, Visconti, Garrel, Cavani, Duras, Deville, Jacquot, Demy, Risi, entre autres.Mais pourquoi vous parler d’elle aujourd’hui, me direz-vous fort justement. Parce que, vous répondrai-je effrontément. Comme disait l’autre tête couronnée, tel est mon bon plaisir de spectateur fasciné par ce visage et cette personnalité totalement à part. Solaire, rayonnante ET mystérieuse. Elle ne joue pas, donc elle ne triche pas. Elle est là, voix envoûtante comprise. Il lui arrive de survoler un film et alors de la regarder d’en haut. Il lui arrive d’en être le cœur incandescent autour duquel tout tourne : je songe au « Conformiste » de Bolognini et au « Jardin des Finzi Contini ». Dans ce dernier film, elle réussit le prodige assez rare d’effacer définitivement la figure littéraire dont son personnage dans le film est adapté pour l’incarner intégralement. Désormais, pour qui a lu et vu « Le Jardin… » Micol, cette jeune femme belle comme le jour, c’est Dominique Sanda. Comme si Bassani, le romancier adapté, l’avait prise, elle l’actrice d’exception, comme modèle pour inventer son personnage, anachronisme compris (Borgès avait bien l’habitude de dire, lui, que « Homère a lu Proust », alors qu’importe si Dominique S. avait onze ans à peine quand Bassani a publié son roman !). Il est difficile, à mon sens, de résister à l’attraction Sanda fondée sur cette présence/absence à l’écran, comme s’il s’agissait pour elle d’incarner un personnage et son ailleurs, c’est à dire cette part invisible d’histoire et de terre étrangère propre à l’autre. On est sans cesse invité à la découverte, à la surprise.Nos imaginaires de cinéphiles sont ainsi peuplés de visages d’actrices et d’acteurs chéris et choisis qui nous donnent énergie et désir.Ah ! ça ira !La phrase de l’après-midi ?"Au fait ! et vivement !" Balzac

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