Hubert et Takako
Hubert et Takako © Studios Xilam

On les trouve salvateurs, éducatifs, horripilants... Comme chaque période de vacances scolaires, les dessins animés envahissent nos écrans. Quelle cible visent-ils ? Les enfants... ou les parents ? Pour répondre à cette question, Charline Roux a invité dans "l'Instant M" Marc du Pontavice, PDG de la société de production de dessins animés Xilam et président du syndicat des producteurs français d’animation.

C’est probablement un des secteurs les plus innovants qui existe dans l’audiovisuel - grâce aux enfants qui sont curieux : ils n’aiment pas qu’on leur assène des répétitions des mêmes choses.

Quand il s’est lancé dans l’aventure de la série animée il y a 20 ans, Marc du Pontavice avait pour projet de faire “du Tex Avery à la française ”. Sans surprise, on trouve dans ses références Ren and Stimpy (Nickelodeon), Gumball (Cartoon Network) et Bob l’éponge (Nickelodeon) : des comédies en format court, impertinentes et dynamiques , dotées d’un graphisme fort .

Une veine absurde et déjantée que l’on retrouve dans les grands succès des studios Xilam - vous vous souvenez sûrement d’Oggy et les cafards ou des Zinzins de l’espace .“J’aime bien que les personnages soient insolents [, ] l'idée dela télé interdite aux parents .” A éviter, selon lui, les films à visée directement éducative : “La pédagogie quand elle est affirmée comme un objectif premier est assez ennuyeuse, et les enfants ne s’y trompent pas.”

Chez Xilam, les productions proposent de sortir de la dichotomie “enfants / parents” : produire un dessin animé dans lequel enfants et parents se retrouvent, chacun différemment - et idéalement, un film que parents et enfants aiment regarder ensemble .

Un soin particulier est apporté sur la qualité de l’image, les univers, mais aussi la bande son : "C’est la bande son qui va produire le sens à la place des dialogues, un niveau de comédie assez important et une identité très forte."

Un cinéma d’animation pour adultes, vraiment, est-ce envisageable ? A écouter Marc du Pontavice, non :

Le film se conçoit toujours à hauteur d’enfant , sinon ça ne marche pas. Mais si on se débrouille bien, on va chercher quelque chose d’assez intemporel et universel. Comme Patrick de Saint Exupéry le disait pour Le Petit Prince : on s’adresse à l’âme d’enfant des parents.

Pourtant, des films d’animation qui ciblent ouvertement un public adulte, ça existe ! Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008), Sita chante le blues (Nina Paley, 2009), les délires animés de Bill Plympton

Des films qui ont rencontré un certain succès critique et public - mais qui font largement appel à l’auto-production. Car l'animation coûte cher : “C’est très cher et très long à fabriquer. En moyenne cela mobilise 100 à 150 personnes pendant deux ans pour produire un dessin animé” explique Marc du Pontavice.

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