Demain jeudi et puis les deux jours qui suivront, les cinéphiles « sudistes » devraient aller faire un tour à Cannes où se déroulera un bel hommage au cinéaste Jacques Doniol-Valcroze. Jacques qui ? Ce n’est faire injure à personne que d’anticiper de probables réactions d’ignorance non feinte. Et pourtant, comme le fait justement remarquer Gérard Camy, président de "Cannes Cinéma" qui est l’instigateur inspiré de cet hommage, « JDV » fut présent, et bien présent, lors de trois moments forts de l’histoire du cinéma français. En 1951, il fonde avec André Bazin et Cino del Duca « Les Cahiers du Cinéma » dont il devient le rédacteur en chef. Puis, il sera, en tant que cinéaste, au cœur de la Nouvelle Vague, avec deux films : « L’eau à la bouche » en 1959 et « Le Cœur battant » en 1960. Enfin, il participe pleinement en 1969 à la création de la désormais célèbre « Quinzaine des Réalisateurs » du Festival de Cannes. Pour un « inconnu », avouez que ce n’est pas si mal ! En outre, aux deux films cités, il convient d’ajouter cinq autres longs métrages et de nombreuses fictions télévisées. A Cannes, du 1er au 3 octobre donc, on pourra revoir ces films de cinéma (courts et longs) ainsi que certaines œuvres télévisuelles. En clôture sera projeté le film le plus accompli de JDV : « La Maison des Bories » avec Marie Dubois, Maurice Garrel et Mathieu Carrière. Réalisé en 1970, le film se déroule au sein d'une Haute-Provence qui devient un personnage à part entière dans une histoire très romantique et très sensuelle. Marie Dubois et Mathieu Carrière seront d’ailleurs présents lors de cette manifestation, aux côtés de Serge Toubiana, Jean-Charles Tacchela, Alexandra Stewart, Françoise Brion, entre autres, pour évoquer l’œuvre de Doniol-Valcroze décédé le 6 octobre 1989 à Cannes. Le cinéaste se faisait également acteur de temps en temps chez Pierre Kast par exemple. Mais je garde surtout en mémoire son rôle dans un savoureux film réalisé par Michel Deville avec Robert Lamoureux, « L’Apprenti salaud » dans lequel il incarne à la perfection le maire d’un petit village, victime avec ses parents et administrés d’une formidable entourloupe financière. JDV faisait véritablement jeu égal avec l'orfèvre Claude Piéplu dans l’incarnation de la bêtise réjouissante et caquetante !Cet hommage cannois est donc l’occasion de découvrir l’œuvre d’un véritable amoureux du cinéma dont les films méritent l’attention. C’est bien, non, un événement autour du cinéma qui, pour une fois, n’est pas consacré à des vedettes établies ? C’est bien, non, une manifestation cinéphile qui fait son travail de mise en lumière ? Oui, évidemment ! Alors, au fond, on envie les cinéphiles cannois (et des environs !) qui vont pouvoir côtoyer l’élégance et l’intelligence du cinéma de JDV durant ces trois jours. Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« Oh ! Demain, c’est la grande chose !De quoi demain sera-t-il fait ? »Victor Hugo, « Les Chants du crépuscule »

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