Ce fut une belle journée de cinéma dont je vous livre le récit.Elle a commencé à 11 heures ce mercredi matin avec la projection sur grand écran de « Lola Montès » de Max Ophuls dans une version restaurée avec son montage initial, ses couleurs, sa bande sonore et son format d’origine. Le tout sous l’égide de la Cinémathèque française. Grâce lui soit éternellement rendue pour cette belle action ! Ce que j’ai (re)vu ce matin, c’est un film qui tutoie les anges et les démons avec une virtuosité époustouflante. Lors de sa première sortie en 1955, le jeune Truffaut écrivait un superbe article qui commençait par ses mots : « Tout comme l’héroïne qui lui donne son titre, ce film risque de provoquer un scandale et d’exacerber les passions. Faudra-t-il combattre, nous combattrons, faudra-t-il polémiquer, nous polémiquerons ! » Et scandale en effet, il y eut, car une partie de la critique et le public tout entier passèrent à côté de cette œuvre en forme d’immense torrent d’images emportées par une incroyable vitalité. Cinquante ans plus tard, le choc est identique. Il sera prochainement dans les salles et ce sera à vous de jouer !Puis, il y eut dans l’après-midi une belle rencontre, un entretien enregistré pour l’émission de vendredi prochain, avec Karim Dridi le réalisateur de « Khamsa ». Un homme-cinéaste littéralement habité par son film qui en parle avec bonheur. Cet enthousiasme-là fait indiscutablement plaisir à entendre . Rien n’est joué ou surjoué : Karim Dridi n’a pas besoin de défendre son film, mais il l’évoque avec une fougue décidément plaisante et réjouissante ! De l’entretien lui-même, je ne vous dirai… rien. Je vous laisse le soin de le découvrir à partir de 17 heures ! Mais, avant d’ouvrir les micros, le cinéaste nous a dit son inquiétude. Le film est sorti dans les salles ce matin et les premiers chiffres de fréquentation l’ont déçu. Il est réellement angoissé. Comment le rassurer ? C’est une semaine impossible avec pas moins de 15 films nouveaux sur les écrans dont le film de Woody Allen et celui de Philippe Garrel. 15 films ! Tous ne résisteront pas à la fatidique première semaine. Or, « Khamsa », et nous l’avons écrit ici-même, est un bijou d’intelligence, d’énergie. Alors comment rassurer son auteur, oui évidemment, mais surtout comment vous convaincre, vous les spectateurs, de vous précipiter aujourd’hui, demain et ce week end pour aller découvrir ce film d’une justesse incroyable et que, je crois, Truffaut aurait aimé. Comment, mais comment vous convaincre ?!Et puis, cette journée s’est terminée avec « Comme une étoile dans la nuit », le nouveau film de René Féret que vous pourrez découvrir le 3 décembre prochain. J’ai donc bien le temps de vous en reparler, le moment venu, sinon d’ici là vous oublierez d’aller le voir ! Sachez simplement qu’il permet de confirmer l’incroyable talent de Salomé Stévenin, actrice-funambule qui nous fait entendre tout simplement « la musique de l’être humain » avec une précision sidérante. Sachez juste que cette « jeune fille et la mort » touche, remue et bouleverse sans verser un seul instant dans la facilité.Pour l’heure, un seul mot d’ordre nécessaire : allez voir « Khamsa » !La phrase du jour ? voir juste ci-dessus !

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