Demandez le programme des films d'animation en 3D à venir :

26 septembre : "Le Magasin des suicides" de Patrice Leconte

3 octobre : "Krikou, les hommes et les femmes" de Michel Ocelot

31 octobre : "Frankenweenie" de Tim Burton

Par le plus grand des hasards, j'ai vu cette semaine ces trois films. Le propos n'est pas ici d'en faire la critique, même si j'ai bigrement envie de vous dire que le Tim Burton est épatant, le Kirikou magnifique mais ronronnant et le Leconte fortement décevant. Mais les trois ont un énorme défaut en commun : la 3D. Les pouvoirs publics ne font rien pour enrayer cette navrante production développée à des fins purement mercantiles la plupart du temps (avec la 3D, la place de cinéma est plus chère, c'est bon ça, coco !). Des champs, pardon des films entiers à travers le monde sont ainsi fabriqués avec un ingrédient nocif et pour la vision humaine et pour la qualité gustative des œuvres concernées dont le nombre va pourtant croissant sur nos écrans. Sans même parler de qualités gustatives plutôt faiblardes pour nos délicats palais cinéphiles. Et sans compter un mal de tête endémique que fait naître l'abus de ces grosses lunettes noires très moches, très lourdes et très inconfortables...

Franchement, dans les trois cas cités, la 3D n'apporte strictement rien à mon sens. Ni émotion, ni esbrouffe, ni intensité. Rien, vous dis-je, du vent technologique à deux balles pour tous ceux qui croient, les pauvres, que le cinéma doit à tout pris imiter la vie. Mais pour la 3D, précisément il y a l'image rétinienne quotidienne. Le cinéma, c'est autre chose. Alors oui, et quitte à passer une fois encore pour "définitif", je milite pour l'interdiction quasi totale de cette vieille valeur faussement moderne ! Car, chacun le sait, la 3D est presque aussi vieille que le cinématographe. Régulièrement, on nous fait le coup de l'innovation. Régulièrement, on nous oblige à enfiler des lunettes ridicules. Qu'on nous laisse donc rêver la nuit en 3D et rêver le jour ou le soir au cinéma en 2D ! Chacun d'entre nous a déjà fait la singulière expérience d'enlever ces maudites lunettes durant la projection et de découvrir alors une richesse chromatique incroyable, y compris pour un film en noir et blanc comme c'est le cas, soit dit en passant pour le film de Burton !

Dès lors que même les "objets" pour lesquels la 3D semblait devoir aller comme un gant (les films d'animation donc) s'avèrent inutilement alourdis par ladite 3D, pourquoi ne pas avoir la sagesse de promulguer un moratoire international d'interdiction de cette culture-là ? Pour pacifier les esprits, on pourrait demander à BHL, aux frères Bogdanoff, à Véronique Genest ou à Jacques Attali de rédiger un rapport sur la nocivité éventuelle des productions en 3D. Puis, on enterrerait le rapport dans un champs en plein air et on n'en parlerait plus. Bref, les antibiotiques, c'est pas automatique et la 3D cela ne devrait pas l'être non plus. Et puis on pourrait même passer doucement à l'homéopathie et à l'euthanasie... Moi, à titre personnel, ça ne me ferait ni chaud, ni froid.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.