C’est l’un des films les plus nommés - huit fois - des César 2020. “Grâce à Dieu”, de François Ozon, raconte le parcours des victimes du père Preynat, à Lyon, jugé récemment pour de multiples agressions sexuelles sur de jeunes garçons.

François Ozon (“meilleur réalisateur”), Melvil Poupaud (“meilleur acteur”) et Swann Arlaud (“meilleur second rôle masculin”) sont tous les trois nommés aux César pour “Grâce à Dieu”.
François Ozon (“meilleur réalisateur”), Melvil Poupaud (“meilleur acteur”) et Swann Arlaud (“meilleur second rôle masculin”) sont tous les trois nommés aux César pour “Grâce à Dieu”. © Getty / Corbis / Stéphane Cardinale

Au compteur du nombre de nominations, c’est le film de Roman Polanski, J’accuse, qui remporte la bataille. Le long-métrage, qui nous replonge dans l’Affaire Dreyfus et dont la sortie a été accompagnée d’une polémique autour du réalisateur (y compris sur France Inter) est sélectionné douze fois, dont dans la catégorie meilleur film.

Suivent La Belle époque de Nicolas Bedos et Les Misérables de Ladj Ly (11 nominations), Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (10 nominations). Cinquième le plus sélectionné, dans huit catégories, l’un des films qui a agité l’actualité de l’année précédente, Grâce à Dieu de François Ozon.

Ce dernier est certainement l'un des films français qui a marqué 2019, tant par le sujet qu'il traite, la façon dont il le fait et par le débat qu'il a suscité.

Les nommés sont Poupaud, Arlaud, Ménochet et Balasko

Le film, dont le titre fait référence à la phrase du cardinal Barbarin (“Grâce à dieu, les faits sont prescrits”), traite la question des abus sexuels dans l’Église catholique et s’inspire largement de l’affaire Bernard Preynat, ce prêtre, jugé récemment pour avoir abusé de jeunes garçons près de Lyon. 

Pour cette “fiction basée sur des faits réels”, François Ozon raconte le combat des victimes à travers l’association La parole libérée et la prise de conscience de celles-ci. “Toutes les phrases viennent de verbatims, mais il y a des choses pires qu'ils m'ont confiées et que je n'ai pas montrées, pour les protéger”, explique le réalisateur.

Au-delà des catégories “meilleur film”, “meilleur réalisateur” pour François Ozon, trois des comédiens principaux sont nommés : Melvil Poupaud (“meilleur acteur”), Swann Arlaud et Denis Ménochet (“meilleur second rôle masculin”). Les critiques du Masque et la plume avaient d’ailleurs saluéces trois acteurs remarquables, inouïs”. 

Tous les trois jouent les victimes du père Preynat. Josiane Balasko, qui incarne la mère du personnage de Swann Arlaud, est aussi nommée comme “meilleur actrice dans un second rôle”.

Bataille judiciaire

Début 2020, la sortie du film avait été marquée par une bataille judiciaire. Le réalisateur, assigné en référé par l’avocat du père Preynat pour obtenir un report du film après le procès de son client, avait finalement été autorisé à sortir son film, le 20 février 2019.

Présenter durant deux heures comme coupable un homme qui n’a pas encore été jugé comme tel constitue une atteinte à la présomption d’innocence”, déplorait l'avocat de Bernard Preynat.

Depuis, le procès a eu lieu (début janvier 2020) et le tribunal correctionnel de Lyon a mis en délibéré sa décision au 16 mars. Le parquet a réclamé au moins huit années de prison ferme contre le prévenu, âgé de 74 ans.

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