Comment se reconstruire après une rupture, c'est la question que pose Michaël Youn dans son troisième film où nous plongeons aux côtés de Ben, interprété par Arnaud Ducret, qui, après cinq années de mariage, découvre que sa femme le trompe. Seule Charlotte Lepinska a tenté de sauver le film, et encore…

Affiche du film "Divorce club" réalisé par Michaël Youn ?
Affiche du film "Divorce club" réalisé par Michaël Youn ? © AFP / RADAR FILMS - SND - SNC - M6 FIL / COLLECTION CHRISTOPHEL

Le film présenté par Jérôme Garcin 

JG : "Avec Arnaud Ducret, dans le rôle de Ben, qui découvre après cinq ans de mariage, que sa femme, dont il est toujours amoureux, le trompe et le plaque. La scène est d'ailleurs censée être drôle, sa femme s'envoie en l'air avec son patron, incarné par Benjamin Biolay, et tous les employés de la boîte peuvent entendre leurs ébats lors d'un cocktail où Ben a été convié, puisque ces ébats sont transmis par des enceintes. 

Il emménage ensuite chez le très fortuné Patrick, joué par François-Xavier Demaison, lui aussi divorcé, mais très heureux de profiter de son célibat pour s'adonner aux plaisirs auxquels il avait renoncé pendant son mariage avec d'autres divorcés qui vont créer Le Divorce Club. Au générique, il y a aussi Audrey Fleurot, Grégoire Bonnet, bien sûr, Michaël Youn avec un mur du son de la vulgarité qui, je pense, est quand même presque franchi".

Le sort réservé aux femmes me choque presque.

Pierre Murat trouve que c'est "un film terrifiant et moralisateur"

PM : "Ça se passe chez des gens vraiment très friqués : la maison, dans le Sud, la voiture, les hyper-cons et les hyper-vulgaires. Je trouve que c'est un film extrêmement moralisateur parce que ça voudrait prôner une espèce de liberté retrouvée. Les femmes sont très très flattées que les hommes se battent pour elles… Et puis, surtout, ça donne une idée que si, véritablement, les fêtes et le monde qu'il défend, c'est ce monde-là, de stupidité, de beuverie, ça donne surtout une seule envie : de se confiner à nouveau, d'éviter les gens comme ça, d'éviter les fêtes, d'être fidèle à une seule et même personne et de ne plus bouger, tellement les autres sont cons. C'est terrifiant. 

C'est un film qui prétend être libertaire et qui est d'un moralisme absolument sensationnel, c'est la leçon qu'on en retire.

Éric Neuhoff n'a pas vu un film aussi dégoûtant depuis "Les Tuche 3"

EN : "Je n'ai pas vu un truc aussi dégoûtant depuis Les Tuche 3 que tu nous avais obligés à voir à l’époque, Jérôme ! Il va falloir trouver un nouveau mot parce que ‘vulgarité', c'est presque flatteur pour un résultat pareil, c'est épouvantable… 

Une émission d'Arthur à côté, ça a l'air d'être "Lecture pour Tous".

Mais, comme dit Pierre, on a envie d'être pauvre, fidèle et de ne pas habiter dans le Midi. C'est terrifiant… C'est tellement mauvais qu'on a l'impression qu'il n'a gardé que les scènes coupées. 

Ce n'est pas drôle, c'est bête, c'est laid, c'est con, on se demande où ça va…

Donc, si vous entrez dans la salle, mettez un masque sur les yeux et quand vous sortez, essuyez-vous les mains avec le gel, parce que vous allez être infectés par cette cochonnerie". 

Charlotte Lipinska essaie de sauver Michaël Youn mais "n'a rien d'autre à ajouter"

CL : "Qu'est-ce que vous voulez que j'ajoute ? 

Évoquer le divorce comme une libération, pourquoi pas, ça pourrait donner lieu à des choses évidemment très drôles, ce qui n'est pas tout à fait le cas, comme on l'a compris. 

Je trouve quand même que, quand Michaël Youn avait fait à l'époque Les 11 commandements, il y avait des séquences que je trouvais extrêmement drôles. Alors c'est sûr que c'est un humour très potache, très régressif, avec des caméras cachées, mais c'était vraiment drôle et assez audacieux pour certains paris qu'ils faisaient. 

Là, tout est tellement prévisible… À partir du moment où le copain qui fonde ce Divorce Club dit à notre héros : 'Bon, je t'accueille chez moi, mais je te préviens, il y a deux choses auxquelles tu ne peux pas toucher. Un, mon ex-femme, deux, ma Ferrari de collection' - qui n'a jamais roulé parce qu'il en a dix des bagnoles comme ça - la seule question qu'on se pose, c'est au bout de combien de temps de film il va se taper son ex-femme et plier la voiture ? Il n’y a rien à rajouter. 

Après, j'aimerais dire que ça remplit sa mission de divertissement tout public, familial, bien rythmé parce que quand on va voir ce film, on ne peut s'attendre à rien d'autre que ça. Et là, ça ne le remplit même pas…"

Pour Xavier Leherpeur, c'est du niveau zéro

XL : "On va quand même dire un mot sur la misogynie poisseuse du film car les femmes sont apparentées à des emmerdeuses, des garces, des castratrices qui manipulent les hommes par la bite… Il faut dire les choses telles qu'elles sont, avec le personnage de Frédérique Bel qui kidnappe notre pauvre héros pour en faire le géniteur de ses enfants à venir. 

C'est effroyable…

Aussi, la femme qui a trahi et qui ne s'en excuse absolument pas. Sans parler de Benjamin Biolay, c'est le seul gag un peu drôle. Ils ont essayé de nous faire croire que Benjamin Biolay, le chanteur préféré de France Inter et de Télérama, jouait dans le film. C'est un clone, c'est un sosie, ce n'est pas lui, ou il a vraiment des problèmes de fin de mois. Il est mauvais au cinéma ! 

Après, on a un placement de produit M6, on a une scène chez Ikéa, la montgolfière qui a dû coûter un bras et qui est consternante, puisque Ikéa serait le temple de la séparation du couple, l'endroit où on s'aperçoit le plus que personne n'est fait pour vivre avec personne, c'est absolument consternant… On a quand même un lémurien giffleur qui est au sommet, y compris dans la piscine ; un sex shop'…"

C'est du niveau zéro, c'est absolument vulgaire, ce n'est pas écrit, ce n'est même pas joué, c'est honteux.

Aller plus loin

Le film

► Au cinéma depuis le 14 juillet  

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6 min

"Divorce Club" de Michaël Youn

Par Jérôme Garcin

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