Pour n'avoir vu que la moitié de la compétition (de très bon niveau cette année), oser un pronostic n'est pas très raisonnable... Pourtant, sur ces cinq jours passés à Cannes, imaginer le palmarès est excitant. La Palme d'or? Pourquoi pas au "Ruban blanc" ? Haneke mérite une récompense. Filmée en noir et blanc, sa vision d'un village allemand au début du siècle dernier est troublante, dérangeante. Parents violents au nom d'une morale religieuse, éducation tortionnaire, enfants brimés et battus, le terreau de la barbarie à venir est explicite. Chef d'oeuvre? Sans doute. Même si Haneke a tendance à digresser et à nous perdre dans des questions vaines. Pourquoi cet enfant disparait-il ? A-t-il été tué? Par qui ? Une fable se transforme en cluedo, mais le film reste brillant.Resnais et Almodovar pourraient recevoir une récompense, pour leur carrière plus que leur production cannoise. Jacques Audiard sera placé haut pour sa virtuosité, son ambition et son talent de scénariste. "Un prophète", grand prix, assorti d'un prix de l'interprétation masculine au jeune acteur, Tahar Rahim ? Quelle actrice couronner ? Charlotte Gainsbourg pour sa capacité à assumer les fantasmes de Lars Von Trier? Ou Giovanna Mezzogiorno qui bouleverse avec son amour éperdu pour Mussolini pourtant ingrat et même infâme, dans "Vincere" de Bellochio (lui aussi légitime sur le podium). Ken Loach a fait rire un public qui jusqu'alors ne voyait que des films d'une grande violence. Le britannique sera peut-être salué par le Prix du jury. Et si le philippin Mendoza figurait au palmarès(prix de la mise en scène?), on se lèverait devant sa télévision pour applaudir la reine Isabelle.

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