Il a eu 76 ans en 2009 et les faits qu’on lui reproche datent de 1977. Manifestement la justice américaine aime les plats surgelés, au moins quand il s’agit de poursuivre de sa vindicte le cinéaste Roman Polanski. En la matière on fera comme tout le monde (les organisateurs du festival de Zurich où Polanski était invité juste avant son arrestation par les autorités helvètes, le Ministre de la Culture français,le gratin du cinéma qui pétitionne déjà et à juste titre, etc), on ne se prononcera pas sur le fond. Mais quand même, trente ans après, c’est beaucoup quand la victime depuis a demandé l'arrêt des poursuites et que la procédure judiciaire semble entachée de fautes graves ! Et le moins que l’on puisse dire c’est que Polanski, citoyen franco-polonais, ne se cache guère, y compris en Suisse où il possède rien moins qu'une maison… Alors pourquoi un tel acharnement juridique ? Pourquoi la justice américaine se couvre-t-elle de ridicule en déclarant que des recherches très actives sont menées « à travers le monde entier » (sic) depuis maintenant quatre ans pour retrouver Polanski. Par quelle tractation la justice suisse accepte-t-elle de rendre possible aujourd'hui ce quyi aurait pu se faire sur son territoire depuis belle lurette ? On a juste l’impression que sur l’échelle de Richter du crime et de la dangerosité internationale, Polanski se situe entre un ancien dirigeant nazi et Ben Laden. Cette arrestation spectaculaire sent le coup médiatique et non l’application du droit.Comme s’il s’agissait de se refaire une petite santé vertueuse sur le dos d’un septuagénaire ! Comme si l’Amérique puritaine jusqu’à l’excès voulait à tout prix avoir le dernier mot à un moment où les Etats-Unis semblent rompre avec une image internationale pour le moins dégradée. Que va-t-il se passer dans les heures qui viennent ? Peut-être une libération interviendra-t-elle arrêtant net la procédure d’extradition. C’est ce qui pourrait arriver de mieux et à la justice suisse et au cinéaste évidemment. Cette nouvelle « affaire Polanski » devrait être le pétard mouillé de trop, celui qui ridiculise définitivement son lanceur. En attendant, j’ai décidé de revoir cette nuit « Le Locataire » sur DVD. Ce sera mon tout petit geste de solidarité à moi ! Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« Le plaisir le plus délicat est de faire celui d’autrui. »Jean de La Bruyère, « Les Caractères »

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