Nos critiques ont été enchantés par le dernier film de Thomas Lilti, qui s'attaque une fois de plus à l'univers de la médecine. Après" Hippocrate" et "Médecin de campagne", il réalise avec "Première année" un film extrêmement réaliste… au point que certains le trouvent plus proche du documentaire que de la fiction !

Vincent Lacoste et William Lebghil sur le tournage de "Première Année" de Thomas Lilti, une plongée dans l'impitoyable première année de médecine (2018).
Vincent Lacoste et William Lebghil sur le tournage de "Première Année" de Thomas Lilti, une plongée dans l'impitoyable première année de médecine (2018). © Denis Manin / 31 Juin Films

Le résumé du film par Jérôme Garcin

Dans ce film, Thomas Lilti décrit la première année de fac de médecine, au terme de laquelle un impitoyable concours offre ou refuse aux étudiants le droit d’apprendre de soigner. Il suit deux étudiants devenus amis : Antoine (Vincent Lacoste) qui tente ce concours pour la troisième fois et Benjamin (William Lebghil), qui est fils de médecin et vient d’avoir son bac. Le film raconte leur préparation à l’épreuve finale, qui ressemble à une version folle de Questions pour un champion

Selon Thomas Lilti, la première année de médecine est fondée sur la compétitivité à tout crin, la rivalité, la performance. 

Selon Pierre Murat, c'est un documentaire...

PM : Le réalisateur est plutôt doué pour le documentaire, et je regrette presque que ça n'en soit pas un. Ce qui est très bien ce sont les cours et le hangar dans lequel ils passent les examens, ça c’est magnifique, on n'avait jamais vu ça... C'est presque un documentaire pour moi.

Le problème- et c’était déjà le cas dans Hippocrate et dans Médecin de campagne - c’est que je trouve que Thomas Lilti n’a aucun sens du romanesque. Il faudrait qu’il fasse des documentaires et pas de la fiction. 

Pierre Murat à propos du nouveau film de Thomas Litli : "Le réalisateur cherche tellement à montrer comment cela se passe que c’est mou."
Pierre Murat à propos du nouveau film de Thomas Litli : "Le réalisateur cherche tellement à montrer comment cela se passe que c’est mou." / Denis Manin / 31 Juin Films

Eric Neuhoff a trouvé au contraire qu'il y avait beaucoup de romanesque

EN : Ce mélange de camaraderie et de rivalité entre les deux héros est très bien rendu. On voit ce que c’est que cette première année de médecine : un marathon, qu’on doit courir comme un sprint. Ils n’ont aucune minute à consacrer aux filles : ils ont une voisine qui leur apporte des plats cuisinés, mais ils s’en fichent complètement car s’ils commencent à regarder de ce côté-là, ils vont être recalés. Et Lilti rend très bien cela.

Eric Neuhoff : "C’est un film qui rajeunit : les révisions, les QCM, tous les rituels... les amphithéâtres où on se bagarre pour avoir la meilleure place… "
Eric Neuhoff : "C’est un film qui rajeunit : les révisions, les QCM, tous les rituels... les amphithéâtres où on se bagarre pour avoir la meilleure place… " / Denis Manin / 31 Juin Films

Sophie Avon a été très émue et a trouvé ce film très juste, très vrai et plein d'humanité

SA : C’est un grand film sur la jeunesse, un film sur l’amitié. Un film de dénonciation aussi sur notre époque, sur la vitesse... C’est un film politique dans la mesure où il dénonce ce concours.

Ce que j’aime dans les films de Lilti c’est que tous ont une trame extrêmement simple mais il a un sens du romanesque et de l’humanité qui fait qu’il fait mouche. Moi j’ai pleuré dans ce film, je l’ai trouvé réellement très émouvant parce qu’il est juste, parce que c’est la vie elle-même. 

Sophie Avon : "Thomas Lilti parle de son expérience personnelle donc c’est très juste"
Sophie Avon : "Thomas Lilti parle de son expérience personnelle donc c’est très juste" / Denis Manin / 31 Juin Films

Xavier Leherpeur y a vu du "romanesque discret"

XL : Thomas Lilti met du romanesque là où justement il pourrait n’y avoir que du reportage ou que du témoignage, sauf que c’est du romanesque discret, qui sous-tend terriblement bien son histoire.

Là où c’est très fort et très romanesque c’est que nous avons deux personnages, on en a un qui n’y arrive pas et qui rêve d’être médecin, dont c’est le véritable conviction, la véritable vocation, et qui voit les portes se fermer sur une ambition de vieEt puis il y a le personnage qui le fait presque de manière désinvolte, qui le fait presque pour hériter de papa, sans difficulté… Et c’est dégueulasse et leur amitié va être mise à rude épreuve, elle n’est pas solidaire tout le temps.

Écoutez

Ecoutez l'ensemble des critiques échangées à propos du film sur le plateau du Masque & la Plume :

9 min

« Première année », Thomas Lilti - les critique du Masque et la Plume

Aller plus loin

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

À noter que d'autres critiques de films du Masque et la Plume sont à retrouver ici !

Le film de Thomas Lilti, "Première année", est dans les salles depuis le 12 septembre 2018
Le film de Thomas Lilti, "Première année", est dans les salles depuis le 12 septembre 2018 / Denis Manin / 31 Juin Films
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.