Guillaume Apollinaire 1914
Guillaume Apollinaire 1914 ©

Le cinéma a été beaucoup regardé, évalué, admiré par ceux qui racontaient des histoires et qui ont dû jauger cette technique, cet art, comme un « outil » nouveau.

Chaque jour, pour saluer le Festival de Cannes, ce blog sélectionne une citation d'un de ceux qui ont vu le 7e art éclore.

De 1895 à 1920, de la première projection publique de cette invention technique jusqu’au passage au statut d’œuvre artistique,ces « grands » témoins ont pu écrire leur sentiment , alors que pour le premier dessin, (à Chauvet ?) ou le premier roman, on n’a pas de commentaire éclairé, pas de trace du ressenti des témoins de l’époque.

Si les artistes les plus en vue ont beaucoup décrié le cinéma à sa naissance, le poète Guillaume Apollinaire l'a immédiatement adopté dans ce qu'il a appelé l"'esprit nouveau".

Il écrit en 1917 dans une conférence intitulée « L’esprit nouveau et les poètes » :

Il eût été étrange qu’à une époque où l’art populaire par excellence, le cinéma, est un livre d’images, les poètes n’eussent pas essayé de composer des images pour les esprits méditatifs et plus raffinés qui ne se contentent point des imaginations grossières des fabricants de films. Ceux-ci se raffineront, et l’on peut prévoir le jour où le phonographe et le cinéma étant devenus les seules formes d’impression en usage, les poètes auront une liberté inconnue jusqu’à présent.

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Cité dans Naissance d’un art 1895-1920 textes choisis par Daniel Banda et José Moure (Flammarion, 2008 – coll. Champs arts n°798)

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Avec Colette Ducarre et la Bibliothèque de Radio France

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