Donc Tarantino ce matin. Une bonne nouvelle (selon moi), « Inglorious Basterds », son film, ne menace en rien « Un prophète » de Jacques Audiard dans la course des palmipèdes à la récompense suprême. Cette fois, Quentin s’est fourvoyé dans une vague BD de celles qu’on lisait enfant dans les années 70 en format poche avec des couvertures aux couleurs criardes et dans lesquelles on trouvait pêle-mêle des histoire de cow-boys, de GI’s et autres gangsters. En prenant la France occupée comme toile de fond, Tarantino courait un risque, celui de faire hurler en accumulant les inexactitudes ou les anachronismes. Mais le problème n’est même pas là. Dès la première scène, tout est faux, en permanence surjoué et terriblement ennuyeux au fond. Les Nazis semblent tout droit sortis du dernier OSS 117 et Hitler (oui, il est là avec les autres dignitaires du régime…) fait penser à un autre ectoplasme cinématographique Jacques Villeret dans « Papy fait de la résistance » (en moins … « drôle » ? .. n’exagérons rien), sauf qu’il ne chante pas « Non, je n’ai pas changé Tarantino cependant nous attirait presque dans ses filets dans un premier chapitre en nous faisant le coup des 12 salopards sclapeurs de Nazis, mais très rapidement Mélanie Laurent apparaît en gérante d’une salle de cinéma parisienne et en déesse de la vengeance juive. Ainsi commence la catastrophe qui s’amplifie au fil de scènes interminables et privées de ce brio qui faisait la marque tarantinienne du bavardage entre copains ou entre amis et ennemis. Et ce n’est pas l’irruption de Diane Kruger qui sauve quoi que ce soit à ce stade. Le tout en 2h28… On nous annonçait un film-scandale et c’est un pétard mouillé où^Hitler est tué à la fin dans un attentat imaginaire. Lequel attentat se déroule dans ladite salle de cinéma tenue par Mélanie Laurent. Tout ça pour ça : la salle de cinéma peut tout, y compris refaire l’Histoire, tuer le monstre et, pourquoi pas, venger le génocide des Juifs comme cela est suggéré. On l’aime bien Quentin quand il rêve d’être programmateur d’un ciné-club, on le trouve un peu ridicule, un peu benêt quand cet amour du cinéma le porte au grand n’importe quoi. Non décidément, nul scandale ici, juste un peu de tristesse et de nostalgie, (ah ! « Jacky Brown » and co….). Garçon ? J’ai grand’soif. Remettez-moi un peu d’ Audiard, svp. Merci !La phrase du jour ? « Le cinéma est pour moi la « représentation » de la réalité, et parfois son reflet le plus fidèle, sa « réplique ». Bien que tous les films, une fois terminés, appartiennent au passé, je leur reconnais des qualités prémonitoires. »Pedro Almodovar, Cannes, 2009

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