C’est parce que j’ai dit en son temps ici-même et à l’antenne tout le bien que je pense de son dernier film « Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour » que je peux sans aucun état d’âme déplorer une récente déclaration de Pascal Thomas au « Figaro ». Jugez plutôt : « Autrefois, Cannes était une réunion joyeuse, ludique, inventive. Il est devenu aujourd’hui un haut lieu du conformisme intellectuel. Ce qui est incroyable, c’est cette espèce de fascination pour des films sinistres qui sont à fuir. Il est vrai qu’on prend souvent les mêmes cinéastes qui ont la même vision sombre de notre monde. Gilles Jacob a moins mis le cinéma au cœur du festival que sa propre gloire. Cannes est à l’image de la vie de l’esprit en France. C’est la prime à l’ennui. Thierry Frémaux est un homme sympathique qui fait un boulot très difficile, mais on y voit plus le labeur que le plaisir. »Rapidement quelques questions à Pascal Thomas :- Pourquoi dans ces conditions et face à ce désastre artistique et culturel que serait Cannes selon lui avoir accepté de présider cette année le jury du Prix de l’Education nationale ? Cette dimension masochiste du cinéaste ne nous était guère apparue jusqu’à présent…- Pourquoi participer à ce point au nouveau jeu manifestement à la mode lancé par le député alpin et maritime, Monsieur Lucca, lequel jeu consiste à juger, critiquer, voire ostraciser des films qu’on n’ a pas vus ? Quels films « sinistres » Pascal Thomas a-t-il vus à ce jour au fait parmi les sélectionnés ?- Pourquoi s’étonner que le premier festival de cinéma au monde fasse d’abord la part belle au cinéma d’auteur et moins au cinéma de divertissement (pour aller vite) qui n’a nul besoin de ce tremplin ?- Pourquoi faire semblant de croire que De Oliveira fait le même genre de films qu’Oliver Stone, de même que Tavernier et Im Sangsoo, Kiarostami et Loach, Kitano et Bouchareb ?- Pourquoi Pascal Thomas verse-t-il à ce point dans le « c’était mieux avant » et les dérisoires attaques ad hominem insignifiantes à force d’être excessives ?- Pourquoi enfin Pascal Thomas ne prend-il pas modèle de temps en temps sur le drolatique personnage qu’il a inventé dans son dernier film et qu’incarne l’impeccable Guillaume Gallienne : un muet ?La prochaine fois que je veux entendre parler (de) Pascal Thomas c’est à propos de la sortie en DVD de « Ensemble, etc ». Histoire d’effacer définitivement ce mauvais souvenir cannois d’un président-ronchon qui crache inutilement dans la soupe.

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