La grosse caisse
La grosse caisse © radio-france
**Ils en ont de la veine les enfants : hier soir en prime time, la chaîne Gulli leur proposait "La Grosse caisse" qu'Alex Joffé réalisa en 1965 avec Bourvil et Paul Meurisse en vedettes, sans oublier le précieux Daniel Ceccaldi.** Mais, le vrai titre de ce nanar aussi poussif que le dernier métro de la nuit, c'est le génial "Rapt à la RATP", titre parfaitement imprononçable et parfaitement idiot, digne à la fois de Jean Valton et de **Raymond Queneau** , de**Pierre Repp** et de**Raymond Devos** . Louis Bourdin (Bourvil) est poinçonneur à la station "Quai de la Rapée" (et d 'ailleurs, il n'arrête pas siffloter "Le Poinçonneur des Lillas", véridique...tout est à l'avenant dans ce film écrit à huit mains et par dessus la jambe... ) et il a écrit un roman policier intitulé "Rapt à la RATP", en prenant comme pseudo d'écrivain "Lenormand (il a cette idée géniale en promenant son regard sur sa bibliothèque où le nom de Le Breton lui saute au visage... Quatre scénaristes vous dis-je, pas un de moins, pour en arriver là et je vous passe l'éditeur nommé "Ganimard", entre autres). Faute de trouver un éditeur précisément, il finit par confier à **Paul Meurisse** , gentleman cambrioleur sans monocle cette fois, son idée de dévaliser une rame pleine de petites coupures... Et vogue le nanar proprement insignifiant, dénué de rythme et d'intérêt. Chaque scène est étirée dans un déploiement de paresse scénaristique qui frôle l'exploit en permanence. Restent deux acteurs immenses qui font le boulot mais sans plus tant ils n'ont rien à jouer. Mais du coup brille de mille feux ce faux sous-titre, "Rapt à la RATP " dont on ne saurait se lasser, tant il ravive et des souvenirs d'enfance (c'est possiblement un film du mercredi ou du dimanche après midi sur l'une des chaînes de l'ORTF) et des fous rires avec un aîné cinéphile passeur **de Jerry Lewis** et de cette "French Touch" (yes, sir !) avant l'heure, forcément en noir et blanc et composée du sublime (**Melville, Truffaut, Franju, Guitry and co)** et du pitoyable (ici Joffé), sans oublier quelques perles ponctuelles, petites étoiles filantes (à l'instar de "L'Armoire volante" de Carlo Rim). Devrait s'ensuivre ici une vaste réflexion sur le statut des nanars, leur pérennité et leur transfomation progressive en modestes contributions au portrait d'une époque (tout le monde ne peut pas s'appeler Modiano, mais ce dernier n'a pas le monopole des Tractions avant et autres rues humides du côté de Passy). Or, on risque ici de bâcler une FOIS encore et de se le faire vertement reprocher par des lecteurs certes bénévoles mais légitimement exigeants.... Alors on s'en tiendra pour cette fois (bis**) à l'éloge des titres** . Avec la certitude absolue, définitive et parfaitement inutile que certains films valent bien moins que leur titre. "Rapt à la RATP", vous vous rendez compte ... Qui dit mieux ?
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