Trop d’images peut-être. Trop de films assurément. Trop d’histoires sans doute. Alors pour une fois laisser la parole, s’effacer devant les mots du poète, faire confiance à Louis A. pour dire qu’ « sourire est assez pour dire la musique de l’être humain » et s’élancer définitivement vers un belvédère au dessus de Génolhac : « A voir un jeune chien courirLes oiseaux parapher le cielLe vent friser le lavoir bleuLes enfants jouer dans le jourA sentir fraîchir la soiréeEntendre le chant d’une porteRespirer les lilas dans l’ombreFlâner dans les rues printanièresA doucement perdre le tempsSuivre un bras nu dans la lumièreEntrer sortir dormir aimerAller devant soi sous les arbresMille choses douces sans nomQu’on fait plus qu’on ne les remarqueMille nuances d’êtres humainesA demi-songe à demi-joieRiens moins que rien pourtant la vieForte encore au cœur du malheurEt la chanson vous monte aux lèvresOn s’étonne d’avoir chantéRien mois que rien Juste on respireEst-ce un souffle une ombre un plaisirJe puis marcher je puis m’asseoirLa pierre est fraîche la main tièdeTant de choses belles qu’on toucheLe pain l’eau la couleur des fruitsLà-bas les anneaux des fuméesUn train qui passe et crie au loinComme tout semble tendre et sageLorsque la paix sans brèche et sans finDe quoi parlent les gens qui passentOn les attend chez eux ce soirSans doute il y a des fêluresA ce paysage de verreMais le vin retient de la terreLe rêve et non l’odeur des mortsCelui qui le veut qu’il s’enivreDe la noirceur et du poisonMais le soleil sur ta figureEst plus fort que l’ombre qu’il faitEt qu’irais-je chercher des rimesA ce bonheur pur comme l’airUn sourire est assez pour dire La musique de l’être humain. »Aragon, « Chants perdus, I » dans « Le Voyage de Hollande »

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