Porte drapeau de la Nouvelle Vague, Belmondo a, tout au long de sa carrière, alterné les films populaires et d'Art et Essai - ce qui lui vaut l'admiration de Robert Pattinson.

Jean-Paul Belmondo en 1962
Jean-Paul Belmondo en 1962 © Maxppp / Keystone Pictures USA

Présent au festival du film américain de Deauville, Robert Pattinson était l'invité d'Augustin Trapenard dans Boomerang pour évoquer Good Time de Ben et Josh Safdie. Le héro de Twilight a confié son admiration pour notre Bébel national

Vedette de cinéma

Jean-Paul Belmondo emploie lui-même ce terme un peu désuet : vedette.

Sa carrière cinématographique a débuté vraiment avec un petit rôle, dans Sois belle et tais-toi de Marc Allégret (1958) : Belmondo y croise Alain Delon, également débutant. Les premiers rôles importants viendront l'année suivante. Il enchaîne, excusez du peu, les tournages de À double tour de Claude Chabrol, À bout de souffle de Jean-Luc Godard et Classe tous risques de Claude Sautet.

A bout de souffle sort en mars 1960. Et c'est un triomphe. Cinquante ans plus tard, le film de Godard reste l'un des films-phares de la Nouvelle Vague. Le public a découvert un physique particulier, unique, loin des canons de la beauté masculine des jeunes premiers de l'époque. Pommettes hautes, lèvres charnues, nez cabossé et une décontraction qui le rend moderne... sensuel !

Le film est interdit au moins de 18 ans. Il le restera jusqu'en 1975. La raison : Belmondo n'est que la version française des bad boys incarnés aux Etats-Unis par Brando. Un blouson noir. Le symbole d'une jeunesse égarée.

Dans le très beau documentaire qu'Arte lui consacre, Belmondo, le magnifique, l'acteur raconte, dans une archive rare, le tournage avec Godard et notamment la scène de la chambre avec Jean Seberg : "On a tourné d'une manière très libre. Godard écrivait les dialogues le matin. Puis on allait dans la chambre. Il nous lisait la scène une fois. On lui disait ce qui n'allait pas. Puis il lançait la caméra. Il n'y avait pas d'éclairage, pas de cadre."

On faisait ce qu'on voulait. le cameraman était prêt à tout

Avec cette liberté que lui donne Godard, Belmondo invente une nouvelle manière de jouer, démodant par là même toute une génération d'acteurs.

Pierrot le fou

Tourné cinq ans après A bout de souffle, Pierrot le fou est souvent considéré comme un précurseur du road-movie.

Les rôles principaux devaient être tenus à l'origine par Michel Piccoli et Sylvie Vartan, mais cette dernière refuse. Godard change alors la distribution et fait appel à Jean-Paul Belmondo, qui ne vient pas les mains vides puisqu'il lui amène les fonds nécessaires au film :

Alors Belmondo m'a permis de faire un film avec plus de moyens : ça compte, l'argent qu'une vedette amène.

Lors de sa sortie, Pierrot le fou fut lui aussi interdit aux moins de dix-huit ans pour "anarchisme intellectuel et moral"

Culte

De nombreux cinéastes évoquent Pierrot le fou comme un film qui les a profondément marqués et n'hésitent pas à lui rendre des hommages plus ou moins appuyés dans leurs propres films.

Dans la scène de voiture de Sin City, Quentin Tarantino utilise le même procédé que Godard pour évoquer le défilement de la route. Des spots de différentes couleurs passent alternativement de chaque côté du pare-brise.

Leos Carax fait de nombreuses références à Pierrot le fou dans Les Amants du Pont-Neuf. Et en clin d'œil au film, Mathieu Kassovitz a intitulé son premier court métrage : Fierrot le pou.

Le film est également à l'origine de la vocation de cinéaste de Chantal Akerman : "Je ne connaissais rien du cinéma, je n'avais vu que des films du genre Le Gendarme à Saint-Tropez et je croyais que le cinéma n'était bon que pour aller rigoler en bande. Je suis allée voir Pierrot le fou comme n'importe quel autre film, sans savoir qui était Godard. Et pour la première fois de ma vie, j'ai vu que le cinéma était un art."

En sortant de la salle, j'ai dit que je voulais faire des films.

► (Ré)écoutez Boomerang avec Robert Pattinson

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